Troupes chinoises de l’ONU en Afrique..

Du 16 au 20 juillet 2019 se tient à Pékin le premier « Forum de la paix et de la sécurité Chine-Afrique », organisé par le ministère chinois de la Défense nationale.

Des représentants de l’armée chinoise et près de 100 représentants de 50 pays africains et de l’Union africaine, dont 15 ministres de la Défense et chefs d’état-major, ont fait le déplacement.

« Les participants discuteront de l’initiative de création d’une communauté de destin sino-africaine, avancée lors du Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine en 2018 », rapporte le communiqué officiel, et ils se concentreront sur des sujets comme « la sécurité maritime régionale. » Car assurer la sécurité sur « la nouvelle route de la soie », qui s’appuie grandement sur l’Afrique, est une priorité majeure pour Pékin. « Travailler ensemble pour une sécurité commune » a d’ailleurs été le thème de la communication prononcée par Hamed Bakayoko, le ministre d’Etat ivoirien de la Défense.

Autre point phare du forum : l’intervention des forces chinoises en Afrique pour les missions de maintien de paix. Car en moins d’une décennie, Pékin est devenu un acteur militaire qui compte sur le continent. La première fois que des soldats chinois ont posé les armes sur le sol africain, c’était en 2011 pour superviser le rapatriement d’environ 35 000 Chinois, piégés par la guerre civile en Libye. Aujourd’hui, la présence chinoise en Afrique est devenue normale. Ainsi, 2 000 casques bleus chinois participent aux missions de paix de l’ONU, principalement au Soudan du Sud et au Mali.

De plus, Pékin a même ouvert sa première base militaire étrangère à Djibouti en 2017, un véritable carrefour sur la route de la soie. Enfin, la Chine est devenue en 2018 l’un des principaux fournisseurs d’armements pour les armées africaines, juste derrière la Russie. « Je pense que c’est une situation paradoxale. Le gouvernement chinois est prêt à participer à la vision de l’Union africaine de “faire taire les armes d’ici à 2020”, mais l’industrie de l’armement chinoise ne suit pas forcément les objectifs de politique étrangère. Elle a intérêt à vendre des armes et non pas à les faire taire. Il y a un conflit d’intérêt permanent », relève la politologue Lina Benabdallah, spécialiste de la politique africaine de la Chine à l’université américaine Wake Forest, interrogée par le site allemand DW.