La nomination du nouveau ministre des Forêts, de la Mer et de l’Environnement, chargé du Plan climat, a directement été dictée par le président de la République Ali Bongo. Et cette décision n’a pas fini de faire jaser dans les couloirs du Palais du Bord de Mer, avec la désignation à ce poste d’un britannique, naturalisé gabonais il y a une dizaine d’années, Lee White.

Déjà, le nouveau ministre, qui dirigeait jusque là l’Agence nationale pour la protection de la nature, l’ex-Agence nationale des parcs nationaux du Gabon, ne compte que des amis au sein du ministère qu’il dirige depuis le 11 juin dernier. C’est lui, par exemple, qui a contribué à lancer les parcs nationaux du pays à partir de 2002.

Ardent défenseur de l’environnement, Lee White est à l’origine du dernier remaniement ministériel qui le voit hérité d’un maroquin. Car c’est en effet Lee White qui a révélé le détournement de plus de 350 conteneurs remplis de kévazingo – un bois précieux dont l’interdiction d’exportation est due à Lee White -, retrouvés dans les entrepôts d’entreprises chinoises. Un scandale qui a précipité la fin du gouvernement précédent, 8 mois après les dernières élections générales.

« Ça fait 30 ans que je marche dans la forêt gabonaise, ça fait presque 10 ans que je suis en charge de l’Agence nationale des parcs nationaux. Je pense que j’ai été nommé plus pour ma technicité, que pour la partie politique », a-t-il déclaré après avoir prêté serment, le 13 juin. Une manière de désamorcer les insinuations qui dénoncent qu’un « étranger prend des responsabilités de premier ordre dans le gouvernement. » « On a tous suivi l’affaire de Kévazingo donc je pense qu’il faut quelqu’un de technique qui connaît bien la forêt, la mer. Et, ma tâche, c’est de restructurer un petit peu le ministère, de mettre le ministère sur la bonne voie », a complété Lee White qui entend « revaloriser le Kévazingo ».

Originaire de Manchester en Grande Bretagne et ami du Prince Charles, le professeur de biologie, Lee White, 53 ans, vit et travaille au Gabon depuis 21 ans avec sa famille. Lui a précisément mis les pieds au Gabon en 1989 pour étudier, dans le cadre de son doctorat de zoologie, les effets de l’exploitation forestière sur la faune et la flore de la réserve de la Lopé-Okanga. Trois ans plus tard, il intègre la branche gabonaise de l’ONG américaine Wildlife Conservation Society dont il prend la tête entre 1997 et 2008. L’année suivante, il est nommé directeur de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN), qui gère 13 parcs dans le pays sur 10% de la superficie du pays.

C’est lorsqu’il dirige l’ONG américaine Wildlife Conservation Society qu’il se met aussi à conseiller le président Omar Bongo sur les questions liées aux changements climatiques, aux parcs nationaux et à l’écotourisme. C’est cette proximité avec le pouvoir, qu’il poursuit maintenant avec Ali Bongo, lui est également reprochée.