Hubert Ruzibiza, le patron du Green Fund Rwanda.

Dans sa volonté d’être un pays modèle pour l’Afrique, le Rwanda de Paul Kagamé veut désormais construire la première ville durable d’Afrique. Les ingénieurs estiment entre 4 à 5 milliards de dollars l’investissement nécessaire à la construction de cette future ville 100% verte. Au delà, le projet doit démontrer la viabilité des villes vertes au Rwanda, un concept qui devrait alors être reproduits dans le développement de villes secondaires à travers le pays en misant sur des technologies vertes, notamment d’urbanisation et de transport, résilientes au climat.

Le début des travaux sont annoncés pour janvier 2020. Et tandis que les différentes études devraient être achevées d’ici décembre prochain, a précisé à la presse rwandaise Eudes Kayumba, le chef d’équipe adjoint du projet pilote Green City. Le Fonds vert rwandais (Fonerwa), avec le soutien financier de la Coopération allemande au développement, par l’intermédiaire de la Banque de développement de la KfW, a entrepris une étude de faisabilité. Et Sweco, un cabinet d’ingénierie et d’architecture basé à Stockholm en Suède, a été retenu pour la mise en œuvre du projet.

La ville verte occupera 620 hectares en périphérie de la capitale Kigali, dans le secteur de Kinyinya, district de Gasabo. Elle bénéficiera de technologies propres et sera alimentée par des énergies renouvelables, des installations de biogaz, un traitement durable des déchets sera mis en place, des forêts urbaines préservées, les habitants circuleront en véhicules électriques et de pistes pour vélos et motos électriques seront aménagées, etc. Les matériaux de construction utilisés pour les habitations et les bâtiments seront principalement locaux.

Deux projets ont la priorité pour l’instant : Cactus Green Park, un ensemble immobilier de 410 logements sur 13 hectares, confié à la société britannique Horizon Group, et un ensemble immobilier de 125 hectares. Les prochaines phases comprendront des immeubles commerciaux et des immeubles de bureaux.

Des mini-usines propres

La ville sera ouverte à tous les Rwandais, riches ou pauvres. « Des systèmes de crédits et de prêts permettront aux personnes à faible revenu d’obtenir un financement leur permettant d’acheter des logements abordables. Certains d’entre eux paieront pour des logements, d’autres obtiendront des logements sociaux parce qu’ils ne peuvent pas se les payer eux-mêmes », a confié Eudes Kayumba.

« Le domaine comprendra également des mini-usines avec des technologies propres, des logements abordables et des centres de production artisanaux intégrés”, a précisé le chef d’équipe adjoint du projet pilote Green City. « Nous menons une étude pour estimer les emplois qui seront créés », a-t-il également ajouté.

L’admiration suscitée par le projet pilote de cette future ville verte au Rwanda est telle que certains y voient déjà la matérialisation du « Wakanda », en référence au film Black Panther, la cité africaine imaginaire, dans laquelle écologie et technologie font sensation.

Mais les plans actuels ne précisent pas si la ville durable aura aussi une prison “verte” avec des conditions de détention particulières au pays du très autoritaire Paul Kagamé.