Il aura fallu quatre mois, depuis son investiture le 24 janvier dernier, pour que le président de République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, ne désigne un Premier ministre ! Après d’intenses négociations entre le nouveau président de la République, Félix Tshisekedi et son prédécesseur à la tête de l’Etat, Joseph Kabila, qui mène le Front commun pour le Congo (FCC), parti largement majoritaire au Parlement, et à qui revient de proposer un Premier ministre au chef de l’Etat, les deux hommes forts du pays ont fini par s’entendre sur un nom qui ne devrait pas leur faire de l’ombre.

Le 20 mai, Sylvestre Ilunga Ilunkamba a ainsi été annoncé à la primature. Il remplace Bruno Tshibala qui occupait ce poste depuis le 7 avril 2017. Ancien ministre des Finances sous Mobutu, le nouveau Premier ministre n’incarne pas véritablement à 74 ans le renouveau promis par Félix Tshisekedi durant la campagne présidentielle. Depuis 2014, Sylvestre Ilunga Ilunkamba était le directeur général de la Société nationale de chemin de fer (SNCC), une entreprise publique fortement déficitaire. Les employés compteraient 227 mois d’arriérés de salaires.

Originaire de la province de l’ex-Katanga, comme Joseph Kabila, le nouveau Premier ministre était un cadre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), l’ancien parti au pouvoir de l’ex chef de l’Etat. Au cours de sa carrière, il a été vice-ministre à l’Économie, à l’Industrie et au Commerce extérieur (1981 à 1983), puis conseiller principal à la présidence en matière économique et financière (1986 à 1987), puis vice-ministre du Plan et enfin ministre titulaire du Plan et ministre des Finances. En 2003, il a été nommé secrétaire exécutif du Comité de pilotage de la réforme des entreprises du portefeuille de l’Etat.

Plutôt en retrait de la politique ces dernières années, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, docteur en sciences économiques appliquées, il est enseignant à de l’université de Kinshasa.

Prochaine étape : la composition du gouvernement. Les discussions s’annoncent serrées entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila. Prendra-t-elle, elle aussi, quatre mois?