La ministre de la Fonction publique Madeleine Berre.

La ministre de la Fonction publique, de l’Innovation du service public et du Travail du Gabon, Madeleine Berre, a rencontré, le 29 avril 2019, les secrétaires généraux de l’administration gabonaise, accompagnés des directeurs centraux des ressources humaines (DCRH), sur la mise en place du recensement biométrique des agents de l’État qui débutera à partir de la mi-mai.

L’opération se réalisera avec la collaboration technique du ministère de l’Intérieur, à travers la plateforme d’identification biométrique Iboga (Identification Biométrique Officielle au GAbon), lancé en coordination avec l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF). Remporté en 2011 par Gemalto, la création d’Iboga a consisté à moderniser l’Etat civil du pays et à fiabiliser le fichier électoral et les documents d’identité du pays. Accessible aux administrations du pays, Iboga permet la délivrance de documents authentiques et de documents d’identité sécurisés conformes aux standards internationaux.

Chaque fonctionnaire disposera d’un identifiant

Le recensement biométrique des agents de l’État sera, toutefois, piloté par le ministère de la Fonction publique, avec en relais les différentes administrations. À l’intérieur du pays, la responsabilité incombera aux gouverneurs tandis que les Forces de sécurité et de défense seront directement gérées par le ministère de la Défense.

A l’issue du recensement, chaque fonctionnaire disposera d’un identifiant, dans le but « d’assainir et d’harmoniser les fichiers de la Fonction publique, de la solde, de la Cnamgs (Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale) et de la CPPF (la Caisse des pensions et des prestations familiales des agents de l’État) afin de favoriser une meilleure gestion des ressources humaines, maîtriser la gestion des carrières des agents publics, la masse salariale et limiter les litiges et les conflits administratifs.”

«Biométriquement, tout sera inscrit pour éviter que la main humaine ne vienne modifier les choses. C’est aussi pour sécuriser le processus de recrutement, la vie de l’agent dans la Fonction publique. Nous voulons créer une base de données fiables pour un système de gestion de ressources humaines performant et efficace», a confié une collaboratrice de Madeleine Berre.

Diminuer de 50% les agents de la main-d’œuvre non permanente (MONP)

In fine, le ministère de la Fonction publique doit mettre à jour la problématique des agents de la main-d’œuvre non permanente (MONP). Ils représentent 15% de la masse salariale estimée à 709,8 milliards de francs CFA (un peu plus de 1 milliard d’euros) en 2017. La ministre espère, grâce au recensement biométrique, réduire de 50% les effectifs de cette catégorie d’agents publics de l’Etat, souvent faiblement qualifiés et occupant des emplois non permanents.

«La réduction de 50% de la MONP ne vise pas seulement un objectif de maîtrise de la masse salariale, mais reste également et surtout une opportunité qui permettra au gouvernement d’examiner, notamment les pistes d’externalisation de certains services, la reconversion et formation des agents répondant aux exigences de performance de l’administration, l’amélioration de la gouvernance de la gestion de nos ressources humaines en corrélation avec les besoins réels de chaque administration et l’adoption d’un régime juridique adéquat prenant en compte cette catégorie d’agent», a affirmé Madeleine Berre.