Près de 2 000 fonctionnaires ont été privés de salaire au mois de mars pour faux diplômes. C’est le premier résultat d’un audit en cours au sein de la Fonction publique.

Ce travail de vérification débuté en 2018, et confié au cabinet d’audit

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CGIC-Afrique international du Burkina Faso, a décelé un total de 1991 présumés faux diplômés. Dans le détail, trois ministères concentrent l’essentiel des faussaires. Ainsi, l’audit en a débusqué 607 au ministère de l’Education nationale, 407 au ministère de la Santé et 197 au ministère des Finances et du Budget.

De plus, 156 faux diplômés ont été recensés à la Sécurité publique, 78 au ministère de l’Environnement, de l’Eau et de la Pêche et 75 au ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports. Enfin, le ministère de la Communication, l’Assemblée nationale et la présidence de la République comptent respectivement 2, 3 et 7 agents détenteurs de faux diplômes.

Un total de 55 521 diplômes à vérifier

Les fonctionnaires qui n’ont pas perçu leur rémunération en mars peuvent contacter la direction des ressources humaines de leur ministère pour consulter la liste des agents incriminés. L’audit n’a pris en compte que les diplômes nationaux obtenus dans les universités, les écoles et les instituts professionnels du Tchad. Si un fonctionnaire inscrit sur la liste des détenteurs de faux diplômes, il aura un mois pour prouver le contraire.

Cet audit des diplômes des agents de l’Etat s’inscrit parmi les 16 mesures d’urgence adoptées en août 2016 par le gouvernement, visant à accroître les recettes publiques, à réduire les charges et à améliorer l’efficacité de la dépense publique et le rendement des services de l’Etat

L’audit a porté sur les diplômes des fonctionnaires recrutés entre le 1er janvier 1996 et le 31 décembre 2016, soit au total 55 521 diplômes à vérifier, parmi lesquels ceux de 42 902 fonctionnaires, 7 999 contractuels et 4 620 manouvriers.

Initialement prévu sur une durée de six mois, la mission d’audit du cabinet d’audit CGIC-Afrique international avait été renouvelée pour trois mois supplémentaires face à l’ampleur de la tâche. ” Nous nous sommes rendus compte que des agents irréguliers, en complicité avec des agents du ministère de la Fonction publique, ont réussi à soutirer une bonne partie de leurs dossiers en vue de s’échapper au contrôle”, a révélé Ali Mbodou Mbodoumi, le ministre de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue social, assurant avoir “pris des dispositions nécessaires pour qu’aucun agent n’échappe à cette opération d’assainissement”.

“Le Tchad a une masse salariale injustifiée et décriée par ses partenaires. A travers cette opération, l’Etat veut se débarrasser de tous les agents irréguliers”, a insisté le ministre.

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