L’Afrique du sud, pays créancier du gouvernement provincial de l’Alberta, au Canada. La démarche est surprenante. Mais il ne s’agit pas d’une erreur. En février dernier, le gouvernement provincial de l’Alberta a en effet contracté un emprunt auprès de l’Afrique du Sud pour un montant

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de 750 millions de rands, soit environ 70 millions de dollars canadiens (46,6 millions d’euros). Le taux d’intérêt a été établi à 2,33 %. Et le prêt devra être remboursé en 2024.

« Le ministère a étudié toutes les possibilités dans le monde et c’est l’option qui était la plus intéressante financièrement à ce moment-là », a assuré Joe Ceci, le ministre des Finances. Ce dernier a justifié cet emprunt sud-africain pour financer des opérations courantes et de grands projets d’infrastructures.

« C’est un cas inhabituel », a commenté, à Radio Canada, l’économiste de l’École des politiques publiques de l’université de Calgary Jack Mintz. Tout en expliquant qu’il n’est pas rare pour un gouvernement d’avoir des prêts à l’étranger afin de diversifier ses créances.

Et si 70 % de la dette de l’Alberta est actuellement contractée auprès des banques canadiennes, le gouvernement provincial a ainsi emprunté au cours de la dernière décennie 28 milliards de dollars canadiens (18,6 milliards d’euros) aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Suède, en Australie, en Suisse…

La dette publique de l’Alberta dépassera les 100 milliards de dollars en 2021

Mais emprunter en Afrique, c’est une première. Toutefois, pour Jack Mintz, le fait de souscrire un prêt à l’Afrique du Sud comporte des risques : le rand est plus volatil, son marché est moins liquide et, si l’Alberta veut se débarrasser de cette dette avant de la rembourser, elle risque d’avoir des difficultés.

Le ministre des Finances de l’Alberta, Joe Ceci, s’est voulu rassurant. Les Rands ont « immédiatement été échangés contre des fonds canadiens pour se protéger. On a donc fait une très bonne affaire », assure-t-il.

Ce qui est plus inquiétant, c’est l’état de la dette de l’Alberta. En novembre 2018, un rapport du comité parlementaire fédéral sur le budget a estimé que la dette publique de l’Alberta dépassera les 100 milliards de dollars canadiens (66,6 milliards d’euros) en 2021 et 1 billion de dollars (666 milliards d’euros) en 2051.

La province a trop longtemps vécu de sa rente pétrolière et gazière. L’Alberta devra-t-elle à nouveau s’endetter auprès de pays africains d’ici 2051 pour rembourser sa dette publique ?

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