Rémy Rioux, directeur général de l’AFD.

L’Agence française de développement (AFD) poursuit sa montée en puissance, notamment dans ses engagement envers l’Afrique. Dans le respect des objectifs fixés par le gouvernement, l’agence a ainsi consacré 5,3 milliards d’euros pour le continent au cours de l’année 2018. Ce qui concrètement représente 50% de ses engagements totaux et 74% de ses ressources budgétaires (subventions et bonifications de prêts). Plus des deux-tiers des dons ont ainsi été alloués aux 19 pays prioritaires, principalement africains.

Un dynamisme qui se retrouver dans le bilan de l’année écoulée, présenté le 10 avril 2019 par le directeur général de l’AFD, Rémy Rioux. Depuis la COP 21, en 2015, l’agence a engagé un milliard d’euros supplémentaires chaque année. De 8,3 milliards d’euros en 2015, les engagements de l’A

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FD ont ainsi atteint 11,4 milliards d’euros l’an passé. Avec un objectif fixé à 14 milliards d’euros en 2019.

846 projets engagés en 2018

« En 2019, nous aurons quasiment doublé l’effort depuis 2015. Ce qui se retrouve dans le nombre de projets financés : 846 en 2018, soit 94 de plus qu’en 2017 », a précisé Rémy Rioux.

Des projets qui s’intègrent dans les cinq points de la stratégie de l’agence pour la période 2018-2022. En priorité, le climat, pour « devenir la première agence 100% Accord de Paris », souligne le directeur général. « En 2018, nos engagements dans des projets d’adaptation au changement climatique ont doublé par rapport à 2017 pour atteindre 1,6 milliard d’euros. Ce qui était notre objectif pour 2020 ! », relève Rémy Rioux.

Dans son action, l’agence doit aussi contribuer à renforcer le lien social (santé, éducation, promotion de l’égalité femmes-hommes, etc), prévenir les conflits grâce à « une vision 3D » (défense, développement, diplomatie), favoriser la prospérité, notamment en soutenant l’activité d’acteurs non souverains (entreprises, collectivités, société civile) et en favorisant des partenariats.

Une stratégie qui s’est traduite en Afrique à travers de multiples actions. En octobre 2018, l’AFD a ainsi lancé le plus gros programme de son histoire : « Transformer les systèmes financiers en faveur du climat. » D’un montant total de 750 millions de dollars dont 280 du Fonds vert pour le climat.

Dans la volonté de contribuer à solidifier le lien social, l’agence a, par exemple, mobilisé 345 millions de dollars dans le Partenariat mondial pour l’éducation pour des projets au Burkina Faso, au Burundi, au Niger, en Guinée et au Sénégal.

79% des Français favorables au soutien des pays en développement

Pour contribuer à la paix, l’AFD a investi au Sahel plus de 2 milliards d’euros depuis 2013. Et avec les 12 autres bailleurs au sein de l’Alliance Sahel en partenariat avec le G5 Sahel, 680 projets sont financés à hauteur de 9 milliards d’euros.

A travers sa filiale Proparco, dédiée au secteur privé, l’agence débloquera 2,5 milliards d’euros d’ici 2022 pour financer et accompagner 10 000 petites entreprises et start-ups africaines, dont 1,5 milliard en ligne de crédit et garanties et 1 milliard pour des investissements directs.

En 2018, les projets accompagnés par l’AFD ont permis, par exemple, la scolarisation de 463 000 jeunes filles, un meilleur accès à la santé pour 14 millions de personnes et à l’électricité pour 7 millions de personnes, le soutien de 60 000 PME et la protection et la restauration de 50 000 km² d’espaces naturels.

Une action de l’AFD qui trouve un écho favorable dans la population française. Selon un sondage réalisé par CSA Research, en 2019, 79% « des Français sont de plus en plus favorables au soutien des pays en développement. » Soit 9% de plus qu’en 2018. L’acceptation par les Français de l’aide au développement retrouve ainsi son niveau d’avant les attentats de Charly hebdo et du 13 novembre 2015 à Paris. Car 67% des Français sont désormais « conscients que dans ce monde global, ce qui se passe dans les pays du sud pourra impacter leur propre vie. » Un retour en grâce de l’aide au développement qui ne s’explique pas par « un principe de générosité, mais de réalité pour vivre dans un monde plus sûr », analyse Julie Gaillot, directrice de CSA.

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