Dans l’ édition d’avril 2019 de La revue financière, axée sur la politique budgétaire dans une économie mondiale en rapide mutation et la lutte contre la corruption, le FMI rappelle des évidences de bon sens.  « Aucun pays n’est à l’abri de la corruption. L’abus d’une charge publique à des fins personnelles érode la confiance du public envers l’État et les institutions, réduit l’efficacité et l’équité des politiques publiques et détourne de l’argent du contribuable destiné aux écoles, aux routes et aux hôpitaux ».

« La corruption mine la capacité de l’État à promouvoir une croissance économique qui profite à tous les citoyens », poursuit le FMI. Tout en voulant rester positif : « la volonté politique de bâtir des institutions solides et transparentes peut venir à bout de la corruption. »

Dans ce numéro du Moniteur des finances publiques, le FMI veut démontrer comment des institutions et des politiques budgétaires comme l’administration fiscale et les pratiques de passation des marchés publics peuvent lutter contre la corruption.

« Nous analysons plus de 180 pays et constatons que les pays les plus corrompus perçoivent moins d’impôts car les contribuables paient des commissions illicites pour s’y soustraire, profitant notamment d’échappatoires fiscales conçues en échange de pots-de vin. En outre, lorsque les contribuables pensent que leurs dirigeants sont corrompus, ils sont plus susceptibles de pratiquer la fraude fiscale. »

Les pouvoirs publics gaspillent l’argent du contribuable

Dans cette édition, le FMI démontre que le ratio recettes fiscales/PIB des pays les moins corrompus est supérieur de 4 points de pourcentage à celui des pays les plus corrompus ayant le même niveau de développement économique.

L’institution financière décerne des satisfecit : les réformes entreprises par le Rwanda pour lutter contre la corruption depuis le milieu des années 1990 ont porté leurs fruits et les recettes fiscales se sont accrues de plus de 6 points de pourcentage du PIB.

Car autre évidence : « les pouvoirs publics gaspillent l’argent du contribuable lorsqu’ils s’en servent pour couvrir des dépassements de coûts liés à des dessous de table ou à la manipulation des procédures d’appel d’offres. Par conséquent, lorsqu’un pays est moins corrompu, il dépense d’une manière plus efficiente et plus équitable. » Parmi les pays à faible revenu, relève le FMI, la proportion du budget consacré à l’éducation et à la santé est inférieure d’un tiers dans les pays plus corrompus. Elle entrave aussi l’efficacité des dépenses sociales. Dans les pays plus corrompus, les notes des élèves aux examens sont moins bonnes.

Mais le FMI ne se contente pas d’établir un constat et de pointer du doigt les mauvais élèves. L’étude en profite aussi pour dégager des enseignements pour aider les pays à bâtir des institutions capables de réduire leur vulnérabilité à la corruption.