Le directeur exécutif de l’AFI, Alfred Hannig.

L’Alliance pour l’inclusion financière (AFI) a procédé à Abidjan, le 1er mars 2019, à l’ouverture officielle de son bureau régional Afrique et Moyen-Orient.

« La mise en place du Bureau dans la capitale économique ivoirienne, résulte d’efforts concertés entamés en 2017 entre les autorités ivoiriennes et la direction de l’AFI », a insisté le ministre ivoirien de l’Economie et des Finances, Adama Koné. Si le ministère ivoirien de l’économie et des finances a mis des locaux à disposition du bureau régional de l’AFI, c’est la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO), qui se charge de son équipement.

L’AFI est un réseau qui regroupe 105 institutions – des banques centrales et des ministères de l’Economie et des Finances- provenant de 91 pays émergents et en développement et qui couvrent jusqu’à 85% des personnes non-bancarisées de la planète. L’Afrique compte 40 membres (25 banques centrales et 14 ministères) de l’AFI. Avec l’ouverture de ce bureau à Abidjan, l’institution cherche

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à décentraliser davantage ses opérations et à se rapprocher de ses membres africains, a expliqué son directeur exécutif, Alfred Hannig.

« L’ouverture de cette représentation permettra de faciliter, au plan local, la mise en œuvres de l’initiative africaine pour les politiques d’inclusion financière », a souligné le gouverneur de la BCEAO, Koné Meylet Tiémoko. L’objectif de l’alliance consiste en effet à apporter un appui aux pays membres qui en expriment le besoin pour concevoir et « mettre en œuvre des politiques innovantes en vue d’améliorer l’accès des plus pauvres aux services financiers. »

Objectif : 75% de la population doit accéder aux services financiers

S’appuyant sur des données de Global Findex de 2017, Koné Meylet Tiémoko relève que « seulement 35% de la population africaine dispose d’un compte bancaire, pour une moyenne mondiale de 69%. La proportion des adultes ayant constitué une épargne ou obtenu un crédit auprès d’une institution financière ressort respectivement à 15,4% et 6,7%. Le Moyen Orient est à peine mieux loti, avec seulement 21% des adultes détenant un compte bancaire. »

L’objectif, a rappelé le gouverneur de la BCEAO, est de permettre à 75% des populations de la zone d’accéder aux services financiers à des coûts abordables dans un horizon de 5 ans. L’AFI contribuera à cet objectif grâce à la mise à disposition d’experts, l’accompagnement des pays membres dans le cadre de partenariats public-privé, l’octroi de dons et le partage d’expériences.

« Nous devons inscrire au rang des priorités la lutte contre l’exclusion financière et les inégalités liées au genre, sans oublier la promotion de l’usage optimal de la technologie, au profit de l’inclusion financière universelle », a indiqué de son côté le ministre ivoirien de l’Economie et des Finances, Adama Koné.

Déjà, la Côte d’Ivoire s’est ainsi dotée d’une stratégie nationale d’inclusion financière. « Le taux d’inclusion financière est ainsi ressorti à 60,7% en 2017 contre 33% en 2012. Il en est de même des services financiers via la téléphonie mobile, dont l’utilisation a connu un développement fulgurant au cours de ces dernières années, pour atteindre un taux de 46% en 2017 », a expliqué le ministre.

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