Viviane Van Steirteghem, représentante de l’Unicef au Tchad.

L’intitulé est austère. Mais il se veut très efficace. Le 27 février, a ainsi été lancée au Tchad la Plateforme mobile de contrôle citoyen de l’effectivité du personnel enseignant sur leurs lieux d’affectation. En clair, il s’agit d’un dispositif de contrôle ou de recensement du personnel de l’Etat en temps réel mis en place par les ministères des Finances et du Budget et de l’Education nationale et de la Promotion civique, en partenariat avec l’Unicef.

Un professeur est absent ? Désormais, il suffira

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aux élèves ou à leurs parents de composer *707# sur leur téléphone mobile, en se connectant à l’opérateur Tigo, pour signaler sur la plateforme de contrôle toutes les absences d’enseignants, ce qui enclenchera immédiatement un contrôle de la part d’un comité mis en place dans ce but.

« La nécessité de disposer d’un outil de contrôle pouvant garantir la présence du personnel enseignant dans leur lieu d’exercice s’impose. Les parents d’élèves et les élèves sont maîtres d’œuvre de l’opération et cela par l’entremise d’un comité de contrôle citoyen », explique Aboubakar Assidick Tchoroma, ministre de l’Education nationale et de la Promotion civique, qui dit être assailli de plaintes.

« En dépit des efforts et des opérations de contrôle ou de recensement du personnel de l’Etat, certains enseignants continuent d’être absents dans leur poste d’affectation. Ceci a un impact sur le niveau d’apprentissage des élèves, et constitue un surcoût pour l’Etat et les parents d’élèves », a justifié Viviane Van Steirteghem, représentante de l’Unicef au Tchad.

« En 2018, a-t-elle poursuivi, la masse salariale du ministère de l’éducation nationale a représenté 88% des dépenses totales du ministère et 30% des dépenses du personnel civil de l’Etat. D’où l’importance de l’effectivité de la présence des enseignants afin d’assurer l’efficacité de l’éducation, mais aussi d’une manière générale de la fonction publique au Tchad. »

« L’approche par le contrôle citoyen se généralise de plus en plus dans les pays en développement, notamment en Afrique, comme un soubassement important des politiques sociales », observe Viviane Van Steirteghem. « Ainsi, l’Unicef soutient de plus en plus diverses initiatives de responsabilisation sociale en matière de droits de l’enfant dans toutes les régions. »

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