Le Conseil de l’Europe, l’institution qui réunit les chefs d’État ou chefs de gouvernement des vingt-huit États membres de l’Union européenne, a décidé, le 18 février 2019, de renforcer l’efficacité et la coopération régionale des mission civiles de renforcement des capacités de sécurité de l’UE qui relèvent de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) au Sahel: EUCAP Sahel Mali, EUCAP Sahel Niger et EUTM Mali. Le Conseil a ainsi approuvé un concept

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d’opération civilo-militaire commun sur la régionalisation de l’action de la PSDC au Sahel, « ce qui signifie que le processus de régionalisation va maintenant entrer dans sa seconde phase », explique un communiqué du conseil européen.

Au cours de la première phase de la régionalisation des missions PSDC au Sahel, entamée en juin 2017, une cellule de coordination régionale (CCR) a été installée au sein d’une des missions civiles de l’UE, à savoir l’EUCAP Sahel Mali. Cette cellule comprenait un réseau d’experts en matière de sécurité intérieure et de défense, déployés au Mali mais aussi au sein des délégations de l’Union auprès d’autres pays du G5 Sahel (Mauritanie, Burkina Faso, Niger et Tchad).

A l’issue de la validation de la seconde phase, le 18 février 2019, la cellule de coordination régionale sera renforcée et renommée cellule de conseil et de coordination régionale (CCCR). « Sa structure de commandement et de contrôle sera transférée de Bamako à Nouakchott et son réseau d’experts en matière de sécurité intérieure et de défense dans le domaine de la PSDC, intégré au sein des délégations de l’UE auprès de ces cinq pays, sera élargi », explique le communiqué.

Soutenir la force conjointe du G5 Sahel

« La CCCR apportera un soutien, par des conseils stratégiques, aux structures et aux pays du G5 Sahel, en synergie avec des programmes financés par la Commission et selon une approche intégrée. Les activités de la cellule auront pour objectif de renforcer les capacités régionales du G5 Sahel et, le cas échéant, ses capacités nationales, et plus particulièrement de soutenir l’opérationnalisation des composantes militaire et policière de la force conjointe du G5 Sahel, dans le but de faciliter et d’améliorer la coopération régionale transfrontalière dans le domaine de la sécurité et de la défense », poursuit le document.

Par ailleurs, l’EUCAP Sahel Mali et l’EUCAP Sahel Niger seront en mesure de mener des activités ponctuelles et ciblées de conseil stratégique et de formation dans d’autres pays du G5 Sahel. L’EUTM Mali (European union training mission) soutient déjà l’opérationnalisation de la force conjointe du G5 Sahel dans ses quartiers généraux (situés au Mali, en Mauritanie, au Niger et au Tchad). Elle peut, au cas par cas, dispenser des formations hors de la zone de sa mission.

Enfin, à moyen et long terme, « les fonctions de la plateforme de coordination seront transférées de Bruxelles vers les structures du G5 Sahel. » La plateforme de coordination est un mécanisme qui fonctionne sous la responsabilité de l’état-major de l’UE depuis novembre 2017 et qui fournit une vue globale des besoins de la force conjointe militaire du G5 Sahel ainsi que des éventuelles offres de soutien militaire émanant des États membres de l’UE et d’autres donateurs. « Il s’agit d’un forum mis à la disposition de la force conjointe du G5 Sahel qui permet de faire correspondre les offres aux besoins et qui propose des solutions afin d’éviter les doubles emplois. Son champ d’application a été étendu au début de 2019 de façon à englober les besoins et les offres concernant la composante policière », détaille le communiqué.

Pour rappel, lors de la conférence de coordination des bailleurs et partenaires organisée par le G5 Sahel à Nouakchott, en Mauritanie, le 6 décembre 2018, la Commission européenne a annoncé libérer un financement de 125 millions d’euros pour les pays du G5 Sahel.

L’exercice Flintlock des Américains mobilise 2000 soldats

Et en attendant que la force du G5 Sahel soit totalement opérationnelle, les pays du Sahel et l’Europe bénéficient du soutien des Etats-unis dans la lutte contre le terrorisme. L’exercice militaire des forces spéciales organisé par l’armée américaine en Afrique, l’exercice Flintlock, mobilisant 2000 soldats et d’une durée de 15 jours, jusqu’au 1er mars, a démarré cette semaine au Burkina Faso.

L’exercice réunit des militaires de trente-trois pays, dont 16 pays africains : les pays sahéliens, mais aussi le Sénégal, le Bénin ou le Maroc. Avec les tensions sécuritaires que traverse le pays, le choix du Burkina Faso pour cet exercice militaire de grande ampleur ne doit rien au hasard. Les manœuvres ont débuté à Kamboinssin, près de Ouagadougou, dans le but clair de renforcer les capacités opérationnelles des pays du G5 Sahel.

Ces manœuvres permettront de « perfectionner les savoir et savoir-faire tactiques et techniques dans le cadre de l’antiterrorisme », a indiqué l’état-major des armées burkinabè. De son côte, le ministre burkinabè de la Défense, Chériff Sy, a souligné qu’il est « impérieux de mobiliser nos savoir-faire afin d’envisager des actions urgentes et saisir l’opportunité pour construire une vision collective dans la réponse à y apporter. »

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