Après Berlin en 2015, Nairobi en 2017, le troisième sommet économique Afrique-Allemagne a débuté à Accra, la capitale du Ghana, le 11 février 2019. Partenaire plutôt discret sur le continent, l’Allemagne n’en demeure pas moins un acteur très efficace sur le sol africain. Surtout depuis l’explosion de la crise migratoire et le lancement de l’initiative « Compact with Africa », annoncée en 2017 par la chancelière Angela Merkel, destinée à renforcer la coopération l’Allemagne et le continent africain.

Le Ghana est l’un des onze pays (Côte d’Ivoire, Sénégal, Togo, Bénin, Égypte, Éthiopie, Guinée, Maroc, Rwanda, Tunisie) avec lesquels le gouvernement allemand a signé des partenariats d’investissement lors de sommet du G20 en 2017, à travers le plan « Compact with Africa. ». Tous ces pays se sont engagés à réaliser des réformes pour être plus attractifs aux yeux des investisseurs privés.

Selon Afrika-Verein, l’association de promotion des relations économiques entre les pays africains et l’Allemagne, qui organise les sommets Allemagne-Afrique avec l’initiative subsaharienne de l’industrie allemande (Safri),

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les 800 entreprises allemandes présentes sur le continent ont créé plus de 200 000 emplois.

Un fonds d’un milliard d’euros

« Les investissements en Afrique subsaharienne se concentrent toujours sur une poignée de pays, en particulier ceux qui disposent de pétrole ou d’autres matières premières précieuses », a relevé la Süddeutsche Zeitung, « le rôle de l’Allemagne a été mineur jusqu’ici. La plus grande économie européenne a la réputation d’être frileuse à s’engager en Afrique. »

Mais depuis 2015, le gouvernement allemand cherche à changer son image. Et sa nouvelle politique africaine veut renforcer les investissements privés au lieu d’injecter toujours plus d’aide au développement. C’est pourquoi, en octobre 2018, la chancelière a annoncé la création d’un fonds d’un milliard d’euros pour attirer les investisseurs allemands sur le continent africain.

Même si le secteur industriel allemand considère que le gouvernement tarde à lancer son fonds d’investissement, le Handelsblatt affirme que 400 millions d’euros seront mis à disposition des entreprises allemandes et africaines, à travers des crédits à taux réduits, par l’intermédiaire de la Banque DEG, filiale de la Kreditanstalt für Wiederaufbau (Kfw), l’agence de développement allemande.

Avant de s’envoler pour Accra, Gerd Müller, le ministre fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement, a déclaré que sur 300 000 entreprises allemandes orientées vers l’exportation, seul un millier sont présentes en Afrique. « Et le gouvernement allemand veut doubler ce nombre dans les deux prochaines années. »

Créer 100 000 nouveaux emplois hautement qualifiés

Le plan veut aussi encourager la création de start-ups sur le continent à travers un dispositif de capital de risque, la libération de 200 millions d’euros pour des garanties d’investissement, ainsi que des programmes de formation et d’emploi.

L’objectif de « Compact with Africa » : créer 100 000 nouveaux emplois hautement qualifiés d’ici à 2021 sur le continent. A Accra, Gerd Müller, le ministre fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement a annoncé la création de 25 000 places d’apprentissage et de 15 000 nouveaux emplois dans les trois prochaines années.

Lors du sommet, il a également présenté l’ouverture d’un « German Desk Ghana », à Accra, à l’initiative de la Chambre allemande de commerce extérieur (DIHK) qui veut de cette manière faciliter l’installation des PME allemandes en Afrique. Des bureaux de ce type existent déjà au Kenya et au Nigeria.

En marge du sommet, la Deutsche Bank a annoncé dans un communiqué qu’elle allait financer trois projets d’infrastructures au Ghana, à hauteur de 162 millions d’euros. L’un britannique, l’autre italien et le troisième français, avec, pour ce dernier, un prêt de 25 millions d’euros à la société Ellipse Projects SAS France, pour l’équipement de l’hôpital de district de Bekwai.

Toutefois, les financements allemands ne se sont pas adressés qu’à des projets ghanéens lors du sommet. Ainsi, par exemple, le gouvernement allemand a accordé à la Tunisie un don de 40 millions d’euros destiné à financer un programme de numérisation de l’administration, selon un communiqué publié le 12 février par le ministère tunisien du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale. « La contribution allemande à la réalisation de ce projet ambitieux traduit le souci de l’Allemagne de continuer à soutenir les réformes entreprises par la Tunisie et la réalisation de la transition économique et du développement global », a justifié dans le communiqué l’ambassadeur de l’Allemagne en Tunisie, Andreas Reinicke.

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