Ministère de la Fonction Publique à Kinshasa.

Dès le lendemain de son investiture, le 25 janvier 2019, le nouveau président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’est attaqué au fonctionnement de l’appareil d’Etat. Il avait alors ordonné jusqu’à nouvel ordre

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le gel des recrutements, dans les administrations et les entreprises publiques, et des dépenses publiques, hormis le paiement des salaires des fonctionnaires.

Cette mesure radicale a surtout servi pour prévenir les détournements massifs de fonds publics pendant la période incertaine de changement à la tête du pouvoir et de l’appareil d’Etat. Mais au Ministère du Budget, des fonctionnaires s’inquiètent de ce que le budget 2019 n’est pas encore exécuté en dehors de la rémunération des agents publics. Ils redoutent que ce retard ne pèse sur la croissance du pays au cours du premier trimestre 2019.

Une situation qui pourrait se prolonger. Le président de la République n’a toujours pas désigné de Premier ministre, ce qui décale d’autant la composition d’un nouveau gouvernement, qui ne sera pas en place avant quelques semaines. Et une fois en ordre de marche ce dernier devra encore plancher sur un budget rectificatif, intégrant les idées forces du programme du président fraîchement élu, et qu’il devra soumettre au Parlement. « Pendant ce temps, aucun investissement ne sera opéré, conformément aux instructions du chef de l’Etat », regrettons au ministère du Budget.

102 élèves énarques dans la rue

Ce flottement intervient dans un contexte social qui demeure tendu. Plusieurs organisations et acteurs de la société civile ont dénoncé les décisions prises à quelques jours de la fin du mandat de Joseph Kabila, taillées sur mesure au profit des anciens membres du gouvernement et de l’entourage de l’ancien président. Deux décrets signés en novembre 2018 sont particulièrement pilonnés. L’un d’eux, publié dans le Journal officiel du 15 décembre 2018, attribue notamment aux anciens Premiers ministres, à charge du Trésor public, une indemnité mensuelle estimée à 30% des émoluments du Premier ministre en fonction, une indemnité mensuelle de logement équivalant à 5 000 dollars américains. Hormis le Premier ministre, tous les autres membres du gouvernement sont couverts par un autre décret qui leur reconnaît notamment une indemnité mensuelle estimée à 30% des émoluments de ceux en fonction.

Pendant ce temps, le jeudi 7 février, les 102 élèves énarques de la promotion « Mandela », en fin de formation, manifestaient dans la rue parce qu’ils n’ont pas perçu les « frais de prise en charge » promis par l’État pour leur permettre de faire face aux dépenses du quotidien, en attendant d’intégrer la haute fonction publique.

Tout devrait sans doute rentrer dans l’ordre quand l’exécutif mené par le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, sera en ordre de bataille.

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