« On ne négocie pas avec la Chine ! » Voilà les premières réponses des diplomates et des fonctionnaires africains lorsque l’on les a interrogés dans le cadre d’un projet de recherche en cours sur les pratiques de négociation avec la Chine quand il s’agit de projets d’infrastructures, explique la docteure en science politique Folashadé Soulé, senior research associate au programme de gouvernance économique globale de l’Université d’Oxford. Une étude qu’elle relate dans un article sur le site The Conversation. En apparence, les gouvernements africains semblent avoir une marge d’action limitée. Pourtant, souligne Folashadé Soulé, ils peuvent apprendre les uns des autres. Une observation de plus près sur le terrain révèle que certains gouvernements africains sont bien meilleurs que d’autres pour négocier avec les Chinois. Malgré des clauses contractuelles initiales très contraignantes, un contrat favorisant la création d’emplois (notamment pour les travailleurs qualifiés), le transfert de connaissances et de technologies, le respect des normes environnementales et de construction, et l’utilisation de matériaux de qualité, reste possible. Ceci dépend de quatre conditions : éviter les négociations fragmentées, renforcer le pouvoir des négociateurs africains, intégrer les préoccupations de la société civile et, enfin, partager et accroître les connaissances.

Certains ont fait valoir par le passé que les gouvernements africains échouaient dans la négociation avec les Chinois parce qu’ils manquaient de stratégie. Ceci n’est que partiellement avéré : plusieurs gouvernements mettent en place des plans d’action et négocient des marges de manœuvre. Mais ce qui est requis est une approche plus coordonnée et cohérente – ce sur quoi la Chine a considérablement avancé de son côté. Pour les gouvernements africains, une absence d’accord reste en effet généralement préférable à un mauvais accord, conclut Folashadé Soulé.