Arouna Modibo Touré.

Le Mali met les bouchées doubles pour combler le retard du pays dans le digital. Sous la houlette du ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Arouna Modibo Touré, le pays a adopté le Programme national de politique pour le développement du numérique.

Il s’articule autour de trois points. Deux sont classiques. Comme, d’abord, le renforcement des infrastructures, avec le déploiement de 9 000 kilomètres de fibre optique sur l’ensemble du territoire national – 3000 kilomètres à la charge de l’Etat et 6 000 par des opérateurs privés – ainsi que l’offre de la 4G à tous les abonnées. Ou encore, en deuxième lieu, favoriser l’inclusion numérique avec la création de l’Agence du fonds d’accès universel, qui doit permettre aux populations rurales les plus reculées d’accéder au numérique.

Et enfin, un troisième axe : le développement de l’entrepreneuriat numérique. Dans ce but, Arouna Modibo Touré, a annoncé la création, à partir de mars 2019, avec l’appui de la Banque mondiale, d’un hub technologique dénommée « Toubanisso Agribusiness innovation center », et qu’il décrit déjà comme « la Silicon Valley de l’Afrique de l’ouest » !

Une loi “révolutionnaire”

« Toubanisso permettra de réunir les startups ouest-africaines qui créent de la croissance. Elles seront suivies par des mentors et mises en face des investisseurs pour des levées de fonds allant de 250 000 à 5 millions de dollars », a détaillé Arouna Modibo Touré.

Ce projet n’est pas hors-sol ni érigé dans un désert entrepreneurial. « Au Mali, de nombreuses start-ups font du numérique une opportunité de création de richesses, d’emplois et de valeur ajouté », assure Arouna Modibo Touré.

Invité par la Banque mondial à un panel sur les start-ups, le ministre de l’Economie numérique et de la Communication du Mali est allé vendre jusqu’aux aux Etats-Unis, début janvier, le modèle de Silicon Valley malien. Il a annoncé à cette occasion qu’une loi allait être adoptée prochainement pour favoriser l’entrepreneuriat numérique.

« C’est une loi révolutionnaire qui permettra d’arrêter la fuite des cerveaux vers l’étranger et de réduire le chômage. Elle permettra aussi à notre écosystème d’avoir des retombées financières parce qu’en créant de l’emploi, tout le monde y gagnera. Ce sera un système différent de ce qui se passe aujourd’hui car chaque start-ups est financée parallèlement par des organismes et des partenaires et l’Etat n’y voit aucun intérêt. Si l’Etat fixe un cadre réglementaire qui régule les start-ups, il engrangera des ressources financières importantes, créera de l’emploi et offrira un secteur attractif pour les investisseurs locaux et étrangers », a justifié Arouna Modibo Touré