Le Président de la République du Tchad, Idriss Deby Itno, a orchestré une valse des ministres du pétrole en ce début d’année, avec trois titulaires à ce poste depuis janvier. Le 31 janvier, un décret présidentiel a nommé comme ministre du Pétrole, avec prise de fonction officielle le 1er février 2019, le secrétaire général adjoint du gouvernement, Mahamat Hamid Koua. Proche du chef de l’Etat, il a occupé plusieurs postes dans le gouvernement, notamment comme ministre du Commerce puis du Développement industriel.

Aziza Mariam Al Bechir.

« C’est vrai que je n’ai pas eu à passer assez de temps avec vous, mais sachez réserver à mon successeur un climat favorable de travail. Je remercie le chef de l’Etat Idriss Déby Itno en me nommant à ce poste hautement stratégique en tant que première femme », a souligné, avec un art assumé de l’euphémisme, Aziza Mariam Al Bechir.

Nommée le 21 janvier, la première femme nommé ministre du Pétrole au Tchad a été remerciée dix jours plus tard ! Aucune explication n’a été donnée par la présidence pour justifier ce limogeage de l’ancienne directrice financière de Glencore Tchad et ancienne directrice générale adjointe de la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT) en 2016.

Femme politique tchadienne, elle disposait de certain atouts. Après avoir obtenu un master en administration des affaires à l’université Rice de Houston (Texas) et une maîtrise en finance de l’Ecole supérieure de gestion et finance de Paris (France), elle a travaillé dans le secteur pétrolier aux États-Unis, en Algérie, en Guinée équatoriale et en Malaisie.

Michel Boukar.

Mais Aziza Mariam El Béchir n’est pas la seule à avoir réalisé un passage éclair au ministère du Pétrole. Elle a elle même remplacé à ce poste Michel Boukar. L’ancien directeur général de la Société des traitements des déchets et d’assainissements (SOTRADA) a été titulaire du maroquin du pétrole de mai 2018 au 11 janvier 2019. Selon l’AFP, Michel Boukar aurait été remercié du gouvernement après avoir attribué un bloc pétrolier à des entreprises chinoises mais aussi taïwanaises. Une double attribution qui n’a pas été appréciée par le président Idriss Deby Itno.