Le directeur général de La Poste Isaac Gnamba-Yao.

Le projet E-Com@Africa, initié par l’Union postale universelle (UPU), vient d’être lancé à Abidjan. Selon une note du ministère de l’Economie numérique et de la Poste de Côte d’Ivoire, il doit « encourager la mise en place de hubs, de plateformes logistiques dédiées, mettant à profit le réseau postal, les produits postaux pour la logistique, la distribution, les retours et les paiements transfrontaliers sur le continent africain. »

L’ambition de l’UPU est de positionner le réseau postal comme l’un des principaux acteurs du commerce électronique en plein développement, y compris en Afrique. Sur le continent, cinq pays ont été identifiés par l’UPU pour servir de hub : la Tunisie pour l’Afrique du Nord/Maghreb, le Cameroun pour l’Afrique centrale, le Kenya pour l’Afrique de l’Est, l’Afrique du Sud, pour l’Afrique Australe, et la Côte d’Ivoire pour l’Afrique de l’Ouest.

Pour la mise en œuvre de la plateforme ouest africaine, le ministre de l’Economie numérique et de la Poste, Claude Isaac Dé, précise que « l’Etat de Côte d’Ivoire jouera sa partition en mettant à disposition les ressources nécessaires, notamment pour la construction dans le cadre du projet E-com@Africa d’un centre de tri et d’un centre de logistique/express en zone aéroportuaire. »

Un réseau éprouvé de plus de 200 points de contacts

« E-Com@Africa devrait permettre à la Poste ivoirienne de se positionner comme un acteur incontournable du e-commerce en Côte d’Ivoire et dans la sous-région. C’est une aubaine pour l’économie dans ce sens où toute entreprise ou artisan situés dans une région reculée du continent africain pourra vendre sa marchandise à un client situé n’importe où dans le monde, et n’importe quel acheteur en Afrique peut acheter des marchandises où il veut dans le monde. La Poste de Côte d’Ivoire devient désormais accélérateur et facilitateur du commerce électronique dans la sous-région », s’est félicité, dans une interview à CIO Mag, le directeur général de La Poste de Côte d’Ivoire Isaac Gnamba-Yao.

Pour devenir l’opérateur logistique du e-commerce, la Poste de Côte d’Ivoire s’appuie sur un réseau éprouvé de plus de 200 points de contacts sur l’ensemble du territoire national et un effectif de plus de 700 salariés. Pour Ivoire Isaac Gnamba-Yao, la Poste se définit désormais comme « la maison du citoyen, des entreprises et le coursier de l’Etat. »

Devenir l’Amazon de la Côte d’Ivoire

Dans ce but, la Poste a conclu une convention de collaboration avec la direction générale des douanes ivoiriennes afin de faciliter, « le suivi et le contrôle des envois postaux, les colis et paquets dans le cadre du e-commerce. » L’institution postale s’est également engagée, avec des acteurs privés, dans « l’Alliance Door to Door », avec la start-up française Be-Bound, spécialisé dans la couverture de l’Internet mobile et l’Internet des Objets (IoT), des startups ivoiriennes, le moteur de recherche Qwant, qui ne trace pas ses utilisateurs et respecte leur vie privée à la différence d’un Google, et SOS Sahel.

Les premières expérimentations de cette plateforme, qui doit être gérée par la Poste, sont actuellement en cours pour tester « ce dispositif pionnier qui intègre le paiement mobile et la distribution suivie des colis en 48 heures à travers le pays, avec un système d’authentification des destinataires au moment de la réception », note l’Alliance Door to Door.

SOS Sahel teste par exemple des transactions via la blockchain dans des zones désertiques. « Nous devons réussir à toucher toutes les grandes villes de Côte d’Ivoire ainsi que les territoires ruraux les plus reculés pour atteindre également les personnes qui sont généralement éloignées de ce type de services », explique Denis Jacquet, l’un des administrateurs de SOS Sahel. Pour qui, « la Poste ivoirienne veut devenir l’Amazon de la Côte d’Ivoire. »