Comme chaque année, la Coface, l’institution française d’assurance-crédit, organise en janvier de chaque année son colloque consacré aux risques pays et sectoriels, ainsi qu’aux grandes tendances de l’économie mondiale pour 2019.

« La multiplication des embûches, comme la montée du risque politique, la forte volatilité des cours des matières premières, les contraintes d’offre, a commencé à ralentir la croissance mondiale en fin d’année 2018, au point d’assombrir les perspectives de 2019 (3% en 2019, après 3,2% en 2018 et 2017) », analyse la Coface dans son rapport.

Et l’institution de préciser : « le risque politique restera plus que jamais d’actualité en 2019 en Europe. L’indicateur Coface de risque social est à son plus haut niveau depuis 2010. Ces risques se matérialisant souvent à l’occasion de scrutins électoraux, les élections en Grèce mais aussi d’éventuels votes anticipés en Italie, en Espagne et en Allemagne seront à surveiller. Le mécontentement social qui se généralise et la montée de partis anti-européens prennent une ampleur suffisamment importante pour aboutir à un Parlement européen très fragmenté lors des élections européennes de mai 2019. »

« Pour la première fois depuis la crise des souveraines en 2011-2012, les entreprises devront cette année faire face à deux écueils en même temps : le ralentissement cyclique et les risques politiques », commente Julien Marcilly, économiste en chef de Coface.

Cet environnement mondial a des effets contrastés sur les économies émergentes, note la Coface. Dans ce contexte, la croissance du commerce mondial devrait continuer de ralentir cette année (+2.3% seulement attendu cette année par Coface). Mais la modération de la croissance aux Etats-Unis a aussi un effet positif : en réduisant les anticipations de hausses de taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine, elle limite les risques de sorties de capitaux des marchés émergents.

« De nombreux risques politiques resteront à surveiller cette année dans le monde émergent, en particulier en Afrique, où les populations ont désormais davantage de moyens d’exprimer leurs frustrations (triplement du taux d’accès à internet depuis 2010) dans un contexte de calendrier électoral chargé (Nigeria, Afrique du Sud et Algérie notamment) », souligne l’institution.

Toutefois, malgré la fragilité de la situation politique et sécuritaire, Coface note des perspectives plus favorables du Mozambique(désormais en D) dont les réserves de change sont au plus haut depuis 2014 et la croissance dépasse les 3%, et duRwanda (A4), où le climat des affaires est en constante amélioration et la dynamique de réformes ne faiblit pas.

Dans le classement pays, outre le Rwanda, le Botswana, le Kenya, le Maroc et Maurice sont notés A4. Des pays comme l’Afrique du sud, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Bénin sont notés B.

De plus, Coface procède à l’amélioration des évaluations pays d’économies dépendantes du pétrole, alors les cours de l’or noir restent à un niveau modéré malgré une forte volatilité :l’Angola est désormais en C.