Le projet de loi de finance 2019 (PLF 2019) est actuellement discuté par les députés de la chambre basse du parlement. Les élus marocains liront sans doute avec une grande attention l’un des rapports déposé avec le PDL et consacré aux ressources humaines. Un document de 43 pages qui passe au crible la fonction publique du royaume.

Selon ce rapport du ministère de l’Economie et des Finances, le Maroc compte très précisément 568 655 fonctionnaires civiles pour l’année 2018. Soit moins qu’en 2017 (570 603) et surtout que le pic de 2015 (585 503). Au cours de la décennie 2008-2018, les effectifs ont progressé de 6,36%. « Soit un taux d’accroissement annuel de 0,62% qui avoisine l’évolution constatée de la population active (0,7%) », note le rapport.

En 2018, précise encore le rapport, « le taux d’administration civil du Maroc est de 16,1%. » Ce qui représente 16 fonctionnaires pour 1000 habitants. « Ce qui n’est pas excessif par rapport à la population active totale et par rapport aux autres pays, mais sa répartition montre d’importantes disparités entre régions et entre départements ministériel », poursuit le document. Rapporté à la population disponible sur le marché du travail (population active), la fonction publique civile emploie près de 47 fonctionnaires civils pour 1000 habitants actifs. »

51% des fonctionnaires dans l’éducation nationale

Au cours de la décennie 2008-2018, 231 552 postes ont été crées. Dont 77% ont été affectés aux départements de l’enseignement, de l’enseignement supérieur, de la santé, de l’intérieur et de la justice. Toutefois, sur les 568 655 fonctionnaires civils pour l’année 2018, le Maroc en compte 287 092 dans l’Education national et de l’Enseignement supérieur, soit 51 % des ressources humaines civiles. Ce qui fait du ministère de l’Education le premier employeur public du royaume.

Le ministère de l’Intérieur arrive en seconde position avec 127 904 fonctionnaires, soit 23% des effectifs. La santé occupe la troisième marche du podium avec 51 221 fonctionnaires (9% des effectifs). Les ministères de la Justice, avec 19 402 fonctionnaires (3%), et de l’Economie et des Finances, avec 18 699 fonctionnaires (3%), se classent respectivement en 4e et 5e position.

Depuis une décennie, l’administration marocaine recrute de moins en moins. En 2018, complète le rapport,19 315 postes ont été créés et 12 575 supprimés. Et en 2019, le ministère de l’économie prévoit 14 081 départs à la retraite et 14 128 en 2021. Enfin, l’administration marocaine vieillit. Le rapport révèle que 47 % des fonctionnaires ont plus de 45 ans alors que la tranche des 25-30 ans ne représente que 10 %.

La féminisation de l’administration publique, elle, s’élève à 34,7 %. Si les femmes sont encore loin de la parité au sein de la fonction publique marocaine, leur nombre diminue plus on grimpe dans la hiérarchie. Sur un total de 889 nominations aux emplois supérieurs entre 2012 et 2018, seuls 106 postes ont été attribués à des femmes. Soit un taux de féminisation de la haute fonction publique marocaine de 11,92%.