Saër Niang, le président du Réseau africain de la commande publique.

Les Etats membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont engagé, dans le cadre du Projet de réforme des marchés publics dans l’espace UEMOA (PRMP-UEMOA), et avec l’appui de partenaires techniques et financiers comme la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD), une vaste réforme des marchés publics et des délégations de service publics.

Cette réforme est également l’occasion de fonder le Réseau africain de la commande publique. C’est dans ce but qu’un atelier sur ce thème s’est déroulé à Lomé le 29 octobre 2018. La réunion a enregistré la participation de présidents et directeurs généraux de 47 pays africains anglophones, arabophones, francophones et lusophones.

Généralisation de la dématérialisation des procédures

« Cette importante réunion donne l’occasion aux experts et professionnels que vous êtes, de vous constituer en un réseau africain que nous souhaitons crédible pour jouer un rôle de premier plan dans l’harmonisation des normes et pratiques en matière de commande publique en Afrique », a déclaré le ministre du Plan du Togo, Kossi Assimaidou, lors de l’inauguration de cet atelier.

Nul n’ignore que la commande publique constitue l’une des clés du développement en Afrique. Un seul chiffre : le volume en valeur des marchés publics passés annuellement en Afrique correspond à l’équivalent de 50% des importations africaines.

La réforme initiée par l’UEMOA a conduit à l’adoption de plusieurs directives relatives aux procédures de passation, d’exécution, de contrôle des marchés publics et de régulation. « En dépit des progrès réalisés ces dernières années, de nombreux défis restent encore à relever en vue d’assurer la bonne gouvernance économique, a souligné Kossi Assimaïdou. Il faut impérativement parachever le travail de modernisation de la commande publique, par la simplification des procédures d’acquisition publique et la généralisation de la dématérialisation des procédures par le recours au numérique qui donne plus de gages de transparence et facilite la participation des opérateurs économiques. » Et il faut également introduire la notion « d’acquisition durable dans la commande publique, c’est-à-dire, respectueuses des normes environnementales et écologiques » a-t-il complété.

Le Sénégalais Saër Niang élu président du Réseau africain

A l’occasion de cet atelier, le directeur général de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP) du Sénégal, Saër Niang (photo), 59 ans, a été élu au poste de président du Réseau africain des Institutions, experts et professionnels de la commande publique. Tandis que le Togo assure le secrétariat technique du réseau et en abrite provisoirement le siège.

Saër Niang est à la tête de l’ARMP depuis 2011. Il exerce actuellement son troisième mandat (alors que deux sont autorisés), en attendant que la réforme de l’ARMP soit réalisée et qu’un successeur lui soit désigné. Saër Niang est diplômé d’un master de droit de la régulation de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, d’un MBA en marketing-management de l’université de George Washington, d’un DESS en ressources humaines obtenu à l’Enea et d’un DESS en science de gestion de l’université de Dijon en France.

Avant de diriger l’ARMP, où il a été d’abord directeur de la formation et des appuis techniques, Saër Niang a travaillé à la Loterie nationale sénégalaise (Lonase) comme chef du département PMU Sénégal, puis à Sentel-Tigo comme directeur marketing et de l’action commerciale, directeur marketing et directeur de la régulation et des ressources humaines.

A l’issue de sa nomination le nouveau président du Réseau africain des Institutions, experts et professionnels de la commande publique, a tracé sa feuille de route : « Nous avons senti aujourd’hui qu’il y a la nécessité de tous avancer puisque le monde est entrain d’aller dans la digitalisation au niveau des marchés publics. La dématérialisation des procédures de passation, d’attribution et d’exécution des marchés est devenu un élément fondamental substantiel. Voilà l’un des défis que notre réseau se propose d’ores et déjà de saisir et de résoudre. Les autres défis sont liés au partenariat publics et privés et à la professionnalisation du secteur. Nous allons renforcer une réflexion approfondie sur l’organisation méthodique des partenariats publics et privés », a-t-il insisté.

Enfin, la prochaine réunion de nouveau réseau panafricain de la commande publique se tiendra en octobre 2019, à Dakar.