Les principales institutions du secteur privé et des grandes entreprises africaines ont mis en place un Comité panafricain pour le commerce et les investissements dans le secteur privé (Paftrac pour  Pan-african private sector trade and investment committee). Une nouvelle structure qui préfigure la création d’un Conseil des entreprises africaines.

Dans un communiqué publié à Addis-Abeba à l’issue d’une réunion co-organisée par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) et la Commission de l’Union africaine (CUA), les institutions ont déclaré que le Paftrac servira de plate-forme pour soutenir la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine. Il servira aussi à renforcer la participation du secteur privé africain dans l’élaboration des politiques publiques en matière de commerce et d’investissement, ainsi que dans les négociations commerciales.

Le Paftrac sera dirigé par des dirigeants des principales entreprises et institutions financières africaines, des représentants des chambres de commerce africaines et d’institutions africaines de politique et de recherche. Le secrétariat du Paftrac sera hébergé par Afreximbank.

Le Nigérian Patrick Utomi, 62 ans, a été élu comme premier président de cette institution pour un mandat de deux ans. Fondateur du « Center for value in leadership » Patrick Utomi est un homme à multiples facettes. Il est à la fois un homme d’affaires et un homme politique ainsi qu’un professeur d’économie politique et un expert en gestion. Il sera secondé par des vice-présidents issus de différentes régions du continent.

Patrick Utomi est originaire d’Ibusa, dans la région du gouvernement local d’Oshimili North, dans l’État du Delta. Il a obtenu un premier diplôme en communication à l’université Nsukka (UNN) au Nigeria. Il est également titulaire d’une maîtrise en administration publique et d’un doctorat en économie politique de l’université d’Indiana, aux États-Unis.

En 1982, à 27 ans, il a été l’assistant spécial de l’ancien président Shehu Shagari, poste qu’il occupa jusqu’à la fin de la IIe République. Il sera ensuite PDG de Utomapp Holdings Limited, un cabinet conseil en gestion des politiques publiques, puis directeur général adjoint de Volkswagen of Nigeria Limited, à Lagos, de 1983 à 1993.

Virage à 180° en 2003. Il est nommé professeur d’économie sociale et politique dans le monde des affaires à la Lagos Business School. Boursier à la Harvard business school et à la American university de Washington, Patrick Utomi a été membre d’associations clés du secteur privé, notamment la Chambre de commerce et d’industrie de Lagos (LCCI), le Conseil national de l’Association des fabricants du Nigéria (MAN) et l’Association consultative des employeurs du Nigéria (NECA).

Candidat au poste de gouverneur dans l’État du Delta en 2019

Il est par ailleurs membre de l’Institut des directeurs (IoD) du Nigerian economic summit group (NESG), de la Nigerian economic society (NES), de l’Institut nigérian des relations publiques (NIPR), ainsi que de nombreux autres organismes professionnels.

En tant qu’entrepreneur, il a fondé et co-fondé de nombreuses entreprises dans divers domaines : les services financiers, les technologies de l’information et de la communication (TIC), les médias et l’agriculture. Patrick Utomi est également le fondateur du Centre pour les valeurs en leadership (CVL) et a également coordonné la création de plusieurs organisations de la société civile pour la promotion de la bonne gouvernance et de la responsabilisation, telles que Transparency in Nigeria, le Centre de soutien aux veuves, etc.

Enfin, le président du Paftrac est aussi candidat au poste de gouverneur, depuis le 1er octobre 2018, du congrès All Progressives, APC, aux élections de 2019 dans l’État du Delta.

Très critique à l’égard du président de la République actuelle, Muhammadu Buhari, il a déclaré après sa nomination à la tête du Paftrac : « le gouvernement du Nigeria est dominant et étouffant. » « Si nous voulons réaliser des progrès au Nigeria, nous devrons créer un environnement favorable dans lequel le secteur privé, le secteur public et les organisations de la société civile peuvent collaborer afin de réaliser un certain nombre de choses. »