Henry Kerali, directeur de la Banque mondiale pour le Ghana.

La Banque mondiale a approuvé un crédit de 100 millions de dollars accordé par l’Association internationale de développement (IDA) au programme d’appui aux villes secondaires du Ghana pour améliorer la gestion urbaine et améliorer les services de base destinés aux habitants de 25 villes secondaires et des citadins pauvres.

« Les Ghanéens résidant dans les municipalités participantes auront un meilleur accès aux services urbains, tels que de meilleures routes, des services efficaces et une réduction des inondations », a déclaré Henry Kerali, le directeur de la Banque mondiale pour le Ghana.

Pays très urbanisé, le Ghana doit impérativement maîtriser, encadrer et bien gérer ses centres urbains pour éviter d’en faire des poudrières. «Le programme des villes secondaires du Ghana soutiendra le plan d’action national de décentralisation du gouvernement pour assurer la gestion efficace des centres urbains afin de créer des emplois pour les jeunes des villes concernées », a complété Meskerem Brhane, responsable des pratiques sociales, urbaines, rurales et de la résilience à la Banque mondiale pour la région Afrique.

Le programme d’appui aux villes secondaires du Ghana fait partie du programme plus vaste du gouvernement en matière de développement urbain et de décentralisation. Il contribuera à renforcer les systèmes locaux et à se concentrer sur les assemblées municipales en leur fournissant des incitations pour améliorer leurs performances en tant que gestionnaires de la ville. Le programme aidera également les institutions régionales et nationales à fournir aux assemblées municipales le soutien nécessaire à une gestion urbaine efficace et à la prestation de services.

Le Ghana n’est pas le seul pays d’Afrique confronté à une urbanisation galopante difficilement maîtrisée. En 2017, un rapport de la Banque mondiale intitulé « Les défis de l’urbanisation en Afrique de l’Ouest » relevait les blocages à Bamako, Conakry et Niamey. Ces trois villes contribuent significativement à l’économie nationale de leur pays, 34% du PIB pour Bamako et environ 27% pour Conakry et Niamey.

Les freins au développement urbain

Et pourtant, elle « ne sont pas de véritables moteurs de croissance », observait Meskerem Brhane. La cause ? Ces trois villes accusent un retard par rapport à la moyenne des villes subsahariennes en termes de services publics urbains, notamment le faible accès à l’eau, à l’électricité et à l’assainissement. S’y ajoutent « des investissements insuffisants dans les infrastructures, notamment de transport public, qui ont aggravé les problèmes d’accessibilité et de mobilité urbaines », note le rapport.

Toujours selon la Banque mondiale, les villes africaines ont trois caractéristiques communes qui freinent leur développement urbain : le surpeuplement, le manque de connectivité et le coût élevé de la vie. Et là encore, l’amélioration de la planification urbaine, une meilleure coordination des infrastructures et une meilleure répartition économique, pour améliorer les conditions de vie des populations, le soutien aux investissements du secteur privé, sont des pistes pour un développement plus ordonné des villes africaine.

Pour rappel, L’Association de développement international (IDA) de la Banque mondiale aide les pays les plus pauvres du monde en accordant des subventions et des prêts à taux zéro à des projets et programmes stimulant la croissance économique, réduisant la pauvreté et améliorant la vie des pauvres. Depuis sa création en 1960, l’IDA a soutenu des travaux de développement dans 113 pays. Les engagements annuels ont atteint en moyenne 18 milliards de dollars au cours des trois dernières années, dont 54% environ en Afrique.