La Banque mondiale a réalisé une première avec une étude consacrée à « L’école au service de l’apprentissage en Afrique », « la première étude approfondie des chances qu’a l’Afrique subsaharienne de parvenir à assurer à tous une éducation de base de qualité », précise l’institution.

Depuis 1990, « les progrès accomplis par l’Afrique subsaharienne pour l’universalisation de l’enseignement primaire sont remarquables », insiste l’étude. Le taux brut de scolarisation moyen au primaire a augmenté au sud du Sahara, passant de 68% en 1990 à 98% en 2015 ; le nombre d’enfants scolarisés est passé de 63 millions à 152 millions d’élèves, dont 78% d’enfants en âge d’être scolarisés au primaire. « En Afrique subsaharienne, les systèmes éducatifs offrent de plus en plus la possibilité aux enfants qui achèvent les études primaires d’accéder à l’enseignement secondaire », constate l’étude.

Au cours des vingt-cinq dernières années, note toutefois l’étude, les pays d’Afrique subsaharienne ont considérablement divergé dans le développement de leurs systèmes éducatifs respectifs. Mais dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, on relève d’une manière générale, qu’ils ont encore du mal à assurer un accès universel à l’enseignement primaire, moins de 50% des enfants ont atteint les niveaux minimum de compétence à une série de tests administrés dans diverses classes du primaire. Dans les pays où les élèves étaient encadrés et évalués dans la langue parlée à la maison, leurs performances étaient meilleures, souligne le document. Dans chaque pays, quelques facteurs favorisent l’apprentissage : une bonne connaissance de la langue d’enseignement, la situation socio-économique, le fait de se trouver dans une zone urbaine ou rurale et le genre.

L’étude de la Banque mondiale établit quatre recommandations :

1) La progression des élèves de la première année jusqu’à la fin de l’enseignement de base doit être assurée et il faut : éliminer l’engorgement dans les petites classes en réduisant le redoublement officiel et déguisé ; s’assurer que les effectifs dans chaque classe sont en dessous de 50 élèves ; former et équiper les enseignants pour enseigner la lecture dans les petites classes dans une langue qui est familière aux enfants.

 

2) Il est nécessaire que les pays d’Afrique subsaharienne révisent les politiques et programmes liés au recrutement, à la préparation, à l’affectation et à l’assiduité des enseignants, ainsi qu’au soutien professionnel à leur apporter, des petites classes jusqu’au premier cycle de l’enseignement secondaire.

3) De nombreux pays d’Afrique subsaharienne doivent augmenter leurs dépenses publiques pour l’éducation de base par enfant, et la plupart pourraient utiliser leurs ressources budgétaires plus efficacement.

4) Enfin, il est nécessaire de renforcer les capacités dans quelques domaines essentiels afin de combler le fossé entre le fait de savoir « ce qui fonctionne » et une prestation de services efficace.

Qu’en sera-t-il dans quinze ans s’interrogent les experts de la Banque mondiale ? Trois défis ayant la plus grande incidence sur leurs chances d’évolution – à savoir les taux de fécondité, la croissance économique et les conflits – permettront de départager les pays.