La “route de l’Union africaine” et ses ramifications.

Vieux serpent de mer, la transsaharienne, qui doit relier Alger à Lagos par la route, finit par

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avancer. « L’Algérie a construit 1 600 kilomètres de la route transsaharienne, avec un programme de dédoublement en cours sur 800 kilomètres, tandis que le renforcement de certaines sections et l’achèvement de la construction de 200 kilomètres pour la liaison avec le Mali sont en cours de réalisation », a précisé le secrétaire général du Comité de liaison de la route transsaharienne (CLRT), Mohamed Ayadi, fin avril, lors de la 68ème session du CLRT, qui s’est tenue dans la capitale algérienne.

Lancée au début des années 1970, et baptisée la “Route de l’Unité africaine”, la transsaharienne dépasse les 9 000 kilomètres. Elle doit traverser l’Algérie (3 400 km), la Tunisie (900 km), le Mali (1 974 km), le Niger (1 635 km), le Tchad (900 km) et le Nigeria (1 131 km).

Mais ce fil de bitume est attendu depuis des décennies alors qu’il est destiné à désenclaver les régions sahariennes du Maghreb et du Sahel, la transsaharienne doit également favoriser l’intégration économique pour devenir un véritable corridor entre l’Afrique de l’ouest et les ports de la Méditerranée.

Un axe majeur de 4 600 kilomètres reliant Alger à Lagos

L’Algérie est le premier contributeur financier du projet, avec une enveloppe financière de trois milliards de dollars. La transsaharienne a également obtenu le financement de la Banque africaine de développement (BAD) pour 120 millions de dollars et elle bénéficie du soutien de six autres bailleurs : la Banque islamique de développement (BID), la Banque de développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC), la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), le Fonds Koweïtien, le Fonds de l’OPEP et le Fonds Saoudien.

La « Route de l’Union africaine » comprend un axe majeur de 4 600 kilomètres reliant Alger à Lagos en passant par Tamanrasset, Agadez, Zender et Kano et dont il reste 90 kilomètres à bitumer selon le Nepad. Plusieurs branches s’y connectent depuis la Tunisie (807 km), Bamako (2250 km) et N’Djamena (1300 km). Selon des données de la BAD, l’Algérie a réalisé plus de 90% de la part de la route sur son sol. Le Nigeria et la Tunisie ont atteint les 100%, tandis que le Niger, le Tchad et surtout le Mali en ont effectué autour de 50%.

Mais si au Niger, le financement des 225 derniers kilomètres restant à bitumer a été bouclé, au Mali, la réalisation de l’infrastructure se heurte à des difficultés financières. « Le CLRT ne désespère pas de trouver le financement entre Gao (Mali) et la frontière algérienne pour rattraper le retard d’équipement », a reconnu Mohamed Ayadi.

Pour les promoteurs de la transsaharienne, cette infrastructure réduira le coût des transports en Afrique, parmi les plus élevés au monde. En Europe, les frais de transport ne représentent que 4,5 % du coût d’un produit, contre 9% dans les pays en développement et 11 % en Afrique du Nord et 12,5 % en Afrique subsaharienne. Un pourcentage qui grimpe encore de 30% à 50% dans les pays enclavés comme le Mali, le Tchad et au Niger.

La Dorsale transsaharienne à fibre optique livrée en 2020

Mais aux bailleurs de fonds qui considèrent que le projet ne sera pas rentable en terme de trafic de véhicules, s’ajoute le contexte d’insécurité majeure qui prévaut dans le Sahel. Du coup, les acteurs du projet tentent de relever l’importance stratégique de l’axe routier st ses promesses de rentabilité en attirant de nouveaux investisseurs et bailleurs de fonds.

Même si cela ne résout pas le problème d’insécurité, notamment des terroristes islamistes, l’Algérie et le Nigeria ont décidé de faire passer le long de la « Route de l’Union africaine » le gazoduc transsaharien, d’une longueur d’environ 4 200 kilomètres, entre l’Algérie, le Niger et le Nigeria, qui inclut des bretelles vers d’autres pays de la sous-région.

Ainsi que le réseau de fibre optique devant relier, sur 4500 kilomètres, Alger à Johannesburg via Lagos. La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé en juillet 2017 le financement du projet de la Dorsale transsaharienne de fibre optique (DTS) qui doit interconnecter l’Algérie, le Niger, le Nigeria, le Mali et le Tchad, avec des interconnexions avec le Burkina Faso et le Bénin.

L’attractivité du « pipeline » de fibre optique sera renforcé par le déploiement de centres de données, l’installation de plate-formes d’administration électronique ou encore par la mise en place de Systèmes intégrés de gestion de l’identification électronique des personnes (SIGIEP). Ce qui devrait contribuer à diminuer les coûts d’accès aux services des TIC, encore inaccessibles pour les populations.

La Dorsale transsaharienne de fibre optique doit être livrée pour 2020… sauf si elle met près d’un quart de siècle à voir le jour comme la transsaharienne.

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