Mohamed Abdennabaoui, 63 ans, devient le premier chef d’un parquet indépendant.

C’est officiellement à minuit, le samedi 7 octobre, que le ministre de la Justice du Maroc, Mohamed Aujjar, a transféré la tutelle du ministère public qu’il assurait jusqu’ici au profit du parquet général près de la Cour de cassation. Une démarche effectuée en conformité avec la Constitution du Maroc de 2011, qui pose le principe de l’indépendance du pouvoir judiciaire à l’égard du ministère de la Justice, et de la loi 33/17 du 24 juillet 2017.

Réalisée sous la supervision du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, cette réforme doit à terme conduire à l’indépendance pleine et entière de la justice vis-à-vis des pouvoirs exécutif et législatif. A cette occasion, le ministre de la Justice a tenu à rappeler que vingt-sept ministres de la Justice ont assuré la présidence du parquet depuis l’indépendance du royaume. Se voulant rassurant sur la réalité de l’indépendance annoncée de la justice, Mohamed Aujjar a tenu à précise qu’il “n’y a rien à craindre. Il y a des mécanismes et des procédures de suivi, notamment dans le nouveau Code de procédures pénales”.

Nommé par Mohamed VI en tant procureur général du roi auprès de la Cour de cassation le 11 avril dernier, Mohamed Abdennabaoui, 63 ans, devient de fait le premier chef du parquet. Depuis mars 2007, ce juriste chevronné occupait le poste de directeur des affaires pénales et des grâces au ministère de la Justice. De 2005 à 2007, il a été le directeur de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion au sein du même ministère. Précédemment, Mohamed Abdennabaoui a été procureur du roi près le tribunal de première instance à Casablanca-Anfa (2000 à 2004). Un poste qu’il a également occupé près les tribunaux de Première instance à Laâyoune, Benslimane et Mohammedia de 1984 à 1997.

Bardé de diplômes, Mohamed Abdennabaoui est titulaire d’un doctorat en droit (2015), d’un diplôme d’études supérieures approfondies en droit (1999) et d’une licence en droit (1978). En 1993, il a également obtenu un diplôme spécialisé en justice administrative de l’Institut national des études judiciaires en France.