A l’issue du Conseil des ministre du 27 septembre 2017, la nomination d’une nouvelle médiatrice de la République par le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a été officialisée, avec l’arrivée à ce poste de Saran Séré Sérémé. Succédant à Alima Diallo, celle que l’on surnomme « l’Amazone de Tougan » devra désormais gérer en priorité les relations entre l’administration et les usagers des services publics à la tête d’une autorité indépendante.

A bientôt 49 ans, Saran Séré Sérémé est une figure des évènements qui ont conduit au départ du chef de l’Etat Blaise Compaoré en 2014, et qu’elle a soutenu jusqu’en 2012, avant de fonder sa propre formation, le Parti pour le développement et le changement (PDC).

Née à Ouagadougou et piqué très jeune par le virus de la politique, cette fille de gendarme, débute d’abord des études de médecine. Mais son activisme étudiant l’a conduit à s’exiler au Mali. Elle se réorientera et intègrera alors l’Ecole nationale d’administration du Mali. D’où elle sortira avec un diplôme en gestion et sciences économiques.

De retour au pays, Saran Séré Sérémé crée une entreprise de BTP, tout en briguant les suffrages pour être élue députée en 2007. A la fin de son mandat en 2012, elle quitte le parti du président Blaise Compaoré pour fonder le PDC, le premier parti fondé par une femme dans ce pays. En 2014, elle participe à la fameuse “marche des spatules” qui a conduit des femmes dans la rue pour dénoncer la volonté de Blaise Compaoré de modifier la Constitution du Burkina Faso pour supprimer la limitation du nombre de mandats présidentiels.

Après le départ du pouvoir du président Compaoré, Saran Séré Sérémé se lancera dans la course à la présidentielle en 2015. Elle ne recueillera que 1,7% des suffrages, arrivant en sixième position.

Aujourd’hui, cette femme hyper-active devra s’habituer aux bureaux plus feutrés de la médiation.