centre de soins contre Ebola en RDC.

A 13 heures 16 minutes très précisément, le lundi 21 mai, à Mbandaka, en République démocratique du Congo, Guillaume Ngoie Muamba, a été le premier congolais à bénéficier du vaccin contre la fièvre hémorragique à virus Ebola, a rapporté Okapi, la radio des Nations unies en RDC.

Si vous êtes abonné à la Newsletter Defacto, connectez-vous avec vos identifiants pour lire la suite de ce contenu :

Sinon, Vous pouvez vous abonner ou demander un abonnement d'essai gratuit ci-dessous :

Enregistrement nouveau compte

Choisissez votre niveau d’abonnement

Directeur du Programme élargi de vaccination (PEV), Guillaume Ngoie fait partie du premier groupe de 73 personnes de cette première campagne de vaccination. « Si on arrive à vacciner ces cibles déterminées, à savoir le personnel de santé, les contacts des cas confirmés, et les contacts de ces contacts, on a plus de chance de vaincre cette maladie », a assuré le docteur Allarangar Yokoude, représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), cherchant à briser la chaîne de contamination en ce début d’épidémie.

Pour l’instant, « cette vaccination n’est pas une campagne de vaccination de masse », a insisté le ministre de la Santé Oly Ilunga, dont le ministère supervise l’opération et qui devrait concerner 600 personnes. Le dernier bilan de l’épidémie qu’il a établit fait déjà état de 26 décès et d’une cinquantaine de cas confirmés ou suspects.

Risque d’épidémies urbaines à Brazzaville et Kinshasa

Le ministre de la Santé a rappelé qu’il s’agit de la 9e épidémie qui frappe la RDC depuis 1976. L’OMS considère que cette fois le risque de propagation est très élevé, même si les cas recensés se concentrent dans la région de Bikoro, une zone très difficile d’accès.

La crainte des autorités est que l’épidémie gagne Brazzaville et Kinshasa. Ville de 1,2 million d’habitants, Mbandaka est en effet située sur le fleuve Congo et le risque est grand que des populations infectées gagnent les deux capitales, avec un risque d’épidémies urbaines difficiles à juguler.

Une situation qui rappelle l’épidémie qui a sévi en Afrique de l’Ouest entre 2013 et 2016 et qui a fait plus de 11 300 morts sur 29 000 cas concentrés sur trois pays : la Guinée-Conakry, le Liberia et la Sierra Leone. Aujourd’hui, si la RDC est touchée, ses voisins : le Congo, la Tanzanie, l’Ouganda, le Soudan du sud, le Rwanda et le Burundi sont en alerte depuis une semaine.

Mais si l’épidémie en Afrique de l’ouest a été très meurtrière, elle a aussi permis de concevoir un vaccin expérimenté sur près de 6 000 personnes en Guinée dont 200 enfants. Et aucune d’entre elles n’est tombée malade par la suite, selon une étude publiée en 2017. Et c’est le même vaccin VSV-EBOV, mis au point par l’Américain Merck, que le ministère de la Santé de la RDC a réceptionné le 16 mai. Des milliers de doses du vaccin ont été acheminées en avion par l’OMS depuis Genève et stockées à Kinshasa à -80°C.

Un vaccin développé par l’Agence de la santé publique du Canada

Le vaccin VSV-EBOV est le fruit de multiples partenariats entre le public et le privé. Il a en effet été initialement développé par l’Agence de la santé publique du Canada, dont la licence a été acquise par les laboratoires Merck, et qui a notamment été testé dans les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

« En 2015, les essais cliniques ont eu lieu lors d’une unique étude en Guinée, en fin d’épidémie et donc après l’urgence. Bien que tout porte à le croire, nous n’avons pas encore de certitude que ce vaccin fonctionnera aussi dans la présente situation », a tenu à tempérer le virologue suisse Laurent Kaiser, interrogé par le quotidien suisse Le Temps.

« Changer nos comportements, même nos valeurs et nos traditions les plus profondes » sera également nécessaire pour éradiquer l’épidémie, a insisté le ministre de la Santé congolais Oly Ilunga, comme ne pas toucher les malades ou laver les corps des défunts.