Par un décret du directeur du cabinet présidentiel, publié dans le journal officiel du 20 février 2018, l’avocat Nizar Ayed, affilié à Nidaa Tounes, a été chargé des fonctions de direction d’administration centrale à la présidence de la République.

Membre du comité politique du mouvement Nidaa Tounes, le parti au pouvoir, et avocat du directeur exécutif de Nidaa Tounes Hafedh Caid Essebsi, Nizar Ayed restera-t-il dans les clous de sa nouvelle fonction qui requiert de la discrétion.

Très médiatique avec son franc-parler, l’avocat est sur tous les fronts et tire à boulets rouges. Le 1er décembre 2015, la section de Tunis du conseil de l’ordre des avocats lui avait interdit d’exercer sa profession (la décision n’est pas définitive et ne fait que traduire l’avocat devant le conseil de discipline). Car quelques jours plus tôt, le 27 novembre 2015, Nizar Ayed, en direct sur la chaîne privée Nessma TV, affirmait qu’en Tunisie, les magistrats et les avocats étaient infiltrés par des djihadistes. Et concernant les avocats, il indiquait que les terroristes arrêtés étaient défendus gratuitement par cinq et six avocats, rémunérés par des associations financées par les pays du Golfe. Le parquet du tribunal de première instance de Tunis avait alors autorisé l’ouverture  d’une enquête sur les déclarations de l’avocat.

Autre attaque : en septembre 2015, il accusait, à la radio cette fois, la présidente de l’Instance Vérité et Dignité (IVD) de dilapidation des deniers publics. Chargé du dossier des biens confisqués par l’Etat, Nizar Ayed assurait en octobre 2017, toujours sur Nessma TV, que la mauvaise gestion des biens confisqués depuis 2011 au clan Ben Ali est devenue une réalité palpable.

L’avocat Nizar Ayed s’oriente-t-il vers des propos plus mesurés ? Commentant les revendications à l’origine des troubles sociaux actuels en Tunisie, il déclarait, le 6 janvier 2018, « qu’il n’y a pas de baguette magique ».