L’avait-il prédit ? C’est à l’issue du conseil des ministres du 23 février 2018, présidé au Palais du bord de mer par le Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba, que l’annonce a été faite de la nomination de Karim Nziengui au poste de chargé de missions du président de la République.

Tradipraticien de renom, aussi appelé tradithérapeute ou guérisseur, Karim Nziengui est le président de l’Association de la valorisation de la médecine traditionnelle (AVMT) et le leader du Réseau des initiés du Gabon (RIG). Homme médiatique, il est aussi un ancien présentateur de l’émission Medic africa sur la chaîne de télévision privée Téléafrica.

Pour les commentateurs de la vie publique gabonaise, cette nomination est d’abord une récompense présidentielle. Très actif lors des assises d’Angondjé en avril 2017, il a présidé la coalition de 747 associations qui participaient à la phase citoyenne du dialogue d’Ali Bongo Ondimba, avec la volonté de « mettre en garde tous ceux qui complotent mystiquement contre la réunification du peuple gabonais ».

Karim Nziengui avait particulièrement suscité de réactions à la suite d’une intervention sur la chaîne Kanal 7, le 23 août 2016, soit quelques jours avant le scrutin de la présidentielle du 27 août. Le président de l’Association valorisation de la médecine traditionnelle avait en effet prédit en direct la victoire d’Ali Bongo à la présidentielle après avoir interrogé « les esprits. »

Le tradipraticien a confirmé son entrée en politique en annonçant qu’il envisageait de se présenter, avec des candidats sous sa bannière, aux élections législatives d’avril 2018.

Est-ce un hasard ? Mais cette nomination de Karim Nziengui à la présidence intervient au moment où le gouvernement envisage de créer un Haut conseil national des rites et traditions (Hcnrt). Cette organisme est présenté comme « un organe consultatif permanent pour l’orientation de la politique nationale sur les rites et traditions. » Sa mission consistera à « déterminer les principes, les structures et les moyens de mise œuvre de la politique nationale sur la préservation, la valorisation et la promotion des rites et traditions ; d’identifier et répertorier l’ensemble des rites et traditions relevant du patrimoine culturel ancestral ; de proposer toutes mesures susceptibles de préserver et promouvoir la conformité de leur pratique ».

Lors des assises du dialogue citoyen d’Angondjé, en avril 2017, le président de l’Association de la valorisation de la médecine traditionnelle avait appelé à la création d’un Haut conseil du culte traditionnel, « qui viendrait réguler la corporation et nettoyer un secteur aujourd’hui truffé de charlatans. » Le futur Haut conseil national des rites et traditions est-il taillé pour Karim Nziengui ? L’intéressé n’a encore fait part d’aucune « révélation » à ce sujet…