Réception des équipements informatiques aux deux postes frontières de Cinkansé le 16 janvier 2018.

Miser sur l’interconnexion des systèmes informatiques douaniers pour lever les obstacles au passage d’un poste frontière, à l’origine de trop nombreux arrêts prolongés de camion. Et éliminer toutes les lourdeurs de la double procédure de transit pour assurer aux entreprises l’accroissement des échanges, la réduction des coûts généralisés du transport, l’amélioration de la sécurité routière et la lutte plus efficace contre la fraude et les frais illicites aux postes de douane.

C’est l’objectif ambitieux du premier projet d’interconnexion des systèmes informatiques douaniers des deux postes frontières de contrôle juxtaposés de Cinkansé, le long du corridor Lomé – Ouagadougou. Concrètement, il s’agit de réduire le temps de passage à ces deux postes frontières entre le Burkina Faso et le Togo, de 2 à 3 jours actuellement à seulement 1 à 2 heures !

Ce projet facilitant une circulation plus fluide des marchandises au poste frontière de Cinkassé, et qui concerne le corridor Lomé-Cinkansé-Koupéla-Ouagadougou et celui de Lomé-Cinkansé-Koupéla-Kantchari, est une initiative conjointe de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA). Cette dernière vient de finaliser le financement accordé aux deux pays par l’agence japonaise de 400 millions de F CFA (plus de 600 000 euros) au total, par une deuxième subvention de 200 millions de F CFA.

Et le 16 janvier 2018, les premiers équipements ont été livrés aux deux postes frontières pour la mise en œuvre du projet d’interconnexion des systèmes informatiques douaniers : 80 ordinateurs, 80 imprimantes, 6 ordinateurs portables, 80 onduleurs de 1500 VA, 2 onduleurs de 10 KVA, 3 serveurs et 10 équipements réseaux. En pratique, comme les douanes des deux pays utilisent le système Sydonia World, développé par la CNUCED, l’interconnexion est assurée par un module à l’intérieur du système Sydonia pour la gestion du transit routier inter-Etats. « Ces équipements vont permettre à mon administration de répondre aux besoins des usagers », a garanti, à cette occasion, le patron des Douanes burkinabè, Adama Sawadogo.

Au total, l’Agence japonaise de coopération internationale déboursera 1,7 million d’euros pour réaliser ce projet mis en œuvre par la Commission de l’UEMOA avec l’appui technique de la CNUCED. C’est un enjeu régional majeur à plus d’un titre. Pour le Burkina Faso d’abord, 39% des marchandises importées par ce pays transitent par le corridor Lomé – Ouagadougou. Et ensuite, les pays de l’Afrique de l’Ouest envisagent  la possibilité d’interconnecter leurs systèmes informatiques douaniers. « La réussite de l’interconnexion réalisée à travers ce projet est d’autant plus importante qu’elle deviendra un modèle d’interconnexion dans la région », explique-t-on à la Commission de l’UEMOA.

Pour sensibiliser les acteurs du terrain à la réussite du projet d’interconnexion, l’UEMOA a confié au département du marché régional et de l’union douanière de la commission (DMRUD) la mission d’organiser des réunions d’information sur le projet auprès des représentants des structures déconcentrées des ministères des Transports, des Finances, du Commerce et de la Sécurité des deux pays.