Bruno Koné, ministre de la Communication, de l’Economie numérique et de la Poste de Côte d’Ivoire (MCENP).

« Quand on n’a pas les moyens de construire des routes, c’est le bon moment de construire des autoroutes de l’information. » La phrase du ministre Bruno Koné de la Communication, de l’Economie numérique et de la Poste de Côte d’Ivoire (MCENP) a fait mouche, le 18 janvier, lors de première édition de l’African Digital Week dans la capitale de Côte d’Ivoire.

Et un conseil appliqué à la lettre en Côte d’Ivoire. « La Côte d’Ivoire a fait des sauts qualitatifs importants en matière de transformation digitale. J’en veux pour preuve le fait que notre pays se trouve aujourd’hui dans le top 10 des pays africains les plus avancés en matière de maturité numérique selon l’Union internationale des télécommunications (UIT) », a commenté Patrick M’Bengue, le directeur du Groupement des opérateurs du secteur des technologies de l’information et de la communication de Côte d’Ivoire (GOTIC).

Cette performance, a rappelé Bruno Koné, est « le résultat d’un travail acharné des acteurs du secteur’’. Selon le ministre, la Côte d’Ivoire recense 30 millions d’abonnés au téléphone portable sur une population d’environ 25 millions d’habitants, 17 millions d’abonnés à internet et 10 millions d’utilisateurs des solutions de paiement mobile pour un volume de transaction de 17 milliards de F CFA par jour. Le pays compte aussi 3,5 millions d’utilisateurs de Facebook.

Une transformation digitale qui passe, bien entendu, par l’évolution de l’Etat, avec la mise en place de l’e-gouvernance, qui concerne tous les chantiers de modernisation de l’Etat et des services publics, notamment à travers la dématérialisation progressive des services administratifs. « l’Etat lui-même doit fournir du contenu et encourager le développement du capital humain », a insisté de son côté Modibo Samaké, conseiller du ministre de la Communication, de l’Economie numérique et de la Poste (MCENP). De fait, le gouvernement travaille à la création d’un cadre légal et réglementaire, la construction d’infrastructures de télécommunications fiables et sécurisées, le développement de contenus locaux, et la vulgarisation des TIC. Sans oublier la formation des jeunes ivoiriens avec, par exemple, la création de l’Ecole supérieure africaine des TIC (ESATIC).

Pour réussir par ailleurs le développement économique et social de l’Afrique, le ministre Bruno Koné propose une stratégie numérique qui tient en cinq points :

– Prendre en compte les besoins et les nécessités locales.

– Privilégier la création de richesses à travers la formation et le développement de contenus qui facilitent la vie des populations.

– Viser l’ensemble de la population dans les villes et les zones rurales, ce qui implique une cohérence entre l’action du secteur privé et l’action des Etats.

– Avoir une vision à moyen et long terme, en investissant dans le capital humain.

– Faire du digital une opportunité pour améliorer l’offre de services publics à travers des initiatives innovantes de e-santé, e-éducation, e-agriculture, e-transport, paiement mobile, télétravail, etc.

Car si l’Afrique n’est plus isolée grâce, notamment, à 16 câbles sous-marins qui relient désormais le continent à l’Europe, l’Amérique et l’Asie, la pénétration d’Internet reste modeste et elle n’a pas suivi la diffusion de la téléphonie mobile. En 2016, seulement 22% de la population africaine utilisait Internet, contre une moyenne mondiale de 44%, selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), l’agence des Nations Unies qui traite des questions relatives aux technologies de l’information et de la communication. Et seulement 11% des Africains ont accès à l’Internet 3G.