Le port de Cotonou.

Décidé à externaliser la gestion du Port de Cotonou, à titre temporaire dans un premier temps, le gouvernement béninois poursuit l’objectif de « donner à une autorité portuaire modernisée les moyens de lutter contre la concurrence régionale. »

Dans ce but, les autorités béninoises viennent de confier cette mission à Port of Antwerp International (PAI), une filiale de l’Autorité portuaire d’Anvers spécialisée dans les investissements. Un accord a été signé dans ce sens le 8 janvier 2018 au palais de la Marina entre le ministre béninois des Infrastructures et des Transports Cyr Koty et le directeur général de PAI, Kristof Waterschoot.

« Ce contrat de gestion du Port autonome de Cotonou s’articule autour de deux périodes : une première de trois ans qui va permettre au mandataire de s’installer avant d’entamer l’exécution. La deuxième étape, qui est l’exécution, doit se faire sur un mandat de trois ans, renouvelable deux fois. En tout, le Port d’Anvers va gérer celui de Cotonou pour une période de neuf ans sans la phase d’approche », a précisé le ministre Cyr Koty.

De son côté, Kristof Waterschoot a affirmé dans un communiqué de PAI que « l’idée qui sous-tend ce contrat est d’accompagner le Port autonome de Cotonou avec l’expertise de celui d’Anvers, en vue de faire du Port autonome de Cotonou, le port le plus performant de la sous-région ouest-africaine. » Et de préciser : « notre principale tâche consistera à moderniser l’administration portuaire sur le plan de l’organisation, de rénover les installations obsolètes, ainsi que de préparer et d’orienter l’extension du port… À court terme, PAI assumera certaines fonctions clés au sein de l’autorité portuaire dans le but d’étudier de l’intérieur les processus existants. »

Pour mener à bien sa mission, PAI compte recruter huit expatriés à Cotonou. L’entreprise d’Anvers recherche actuellement un directeur général et un directeur financier. « Notre mission prévoit explicitement l’organisation de formations en gestion en vue de préparer les managers locaux à un transfert progressif de ces fonctions-clés« , a tenu a précisé Kristof Waterschoot. 

Le contrat signé avec PAI comprend par ailleurs la modernisation des infrastructures du Port de Cotonou, notamment avec l’informatisation du système des données, mais aussi l’organisation de l’enceinte portuaire et le renforcement des capacités de l’équipe locale.

Très concurrencé par les ports d’Afrique de l’ouest, le port de Cotonou a enregistré en 2016 un trafic global de 8,7 millions de tonnes, dont 4,9 millions de tonnes en transit. Avec cet accord, le gouvernement entend dynamiser le poumon de l’économie béninoise – il représente 60% du PIB du Bénin – qui est également une passerelle stratégique pour des pays enclavés comme le Burkina Faso, le Niger ou le Mali.

Il reste toutefois à connaître la réaction des syndicats des travailleurs publics du port qui se sont déjà exprimés contre cette volonté des autorités d’externaliser la gestion.