Début d’année sous tension entre les fonctionnaires et les autorités béninoises. Le 28 décembre dernier, les députés votaient une loi interdisant le droit de grève à plusieurs catégories de fonctionnaires. L’article 50 du texte de loi stipule ainsi que les forces de sécurité publique, les agents de la santé et de la justice sont concernés par cette interdiction de grève. « Ce sont des secteurs sensibles », ont justifié les députés favorables à cette interdiction de grève. Mais cette loi est également une réaction du pouvoir aux multiples mouvements de grève qui ont paralysé les tribunaux et les hôpitaux ces derniers mois, alors que des syndicats représentants plusieurs catégories de fonctionnaires ont déjà annoncé des mouvements de grève pour le début de l’année.

Fin décembre 2017, la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (CSTB) a annoncé une grève générale à partir du 9 janvier 2018. Mais déjà, le 2 janvier 2018, les fonctionnaires de la justice ont arrêté le travail à la demande du Collectif des secrétaires généraux et présidents des organisations syndicales.Ce sont quatre syndicats sur huit qui ont lancé un mouvement de grève de 72 heures dans la justice. Et des fonctionnaires de la santé et même les gardiens et les brigadiers de la paix adhérents du syndicat Synagab-Police menacent de descendre dans la rue.

Si les fonctionnaires qui s’insurgent et descendent dans la rue pour dénoncer cette nouvelle loi interdisant le droit de grève, ils manifestent aussi pour dénoncer l’absence de dialogue avec les autorités et des revendications non satisfaites par le gouvernement, à l’origine des arrêts de travail de ces derniers mois. Dans un communiqué du Synagab-Police, les agents de police évoquent, par exemple, des doléances non prises en compte dans le processus de reversement-reclassement ou la non organisation de tests professionnels pour faire évoluer en grades les fonctionnaires de police en grade.

En fin d’année 2017, le président de la République Patrice Talon était monté au créneau pour inciter les fonctionnaires de la santé et de la justice à reprendre le travail. Devra-t-il à nouveau s’exprimer directement pour calmer les tensions? Les fonctionnaires en colère l’écouteront-ils cette fois?