C’est depuis Washington que le paiement d’arriérés de salaires de fonctionnaires centrafricains datant de 2013 s’est débloqué, dans les bureaux du FMI, avec la décision d’un versement d’une troisième tranche d’un prêt de 40,2 millions de dollars (34,1 millions d’euros) à la République centrafricaine (RCA)! Cette nouvelle tranche a été débloquée dans le cadre de la facilité de crédit négociée entre les deux partie en juillet 2016.

En effet, à la suite de l’approbation du dossier centrafricain par le conseil d’administration du FMI, qui s’est tenu à Washington 15 décembre, le président centrafricain, Faustin Archange Touadéra, a pu annoncer dès le lendemain le paiement de deux mois d’arriérés de salaires aux fonctionnaires de l’Etat. Deux mois de salaires impayés qui remontent à novembre et décembre 2013, lors du régime de l’ancien président de la transition Michel Djotodia.

« Les négociations n’ont pas été simples, mais c’est l’aboutissement d’un long processus. Aussi ai-je instruit ce jour le ministre des Finances de procéder au règlement des deux mois d’arriérés de salaire des fonctionnaires de novembre et décembre 2013 en les étalant sur décembre 2017 et en début d’année 2018 », a aussitôt précisé Faustin Archange Touadéra.

Cette décision d’apurer les arrières de l’Etat auprès de ses agents s’est décidée aussi dans un contexte social tendu en Centrafrique. En octobre et novembre derniers, les syndicats de fonctionnaires avaient entrepris de mobiliser leurs militants et menaçaient de se mettre en grève pour obtenir le paiement de ces deux mois d’arriérés. Des manifestations annoncées par les syndicats, dont une marche pacifique, avaient été interdites par le pouvoir. Surtout que les fonctionnaires centrafricains cumulent aussi des arriérés de plus ou moins deux ans, sous les présidences d’André Kolingba (1981-1993) et d’Ange-Félix Patassé (1993-2003). Jouant la carte de l’apaisement, le président Touadéra a promis le 16 décembre dernier que son gouvernement travaillera sur ces arriérés, « au nom de la continuité de l’Etat ».

Le président Touadéra a également promis la « liquidation des arriérés commerciaux » de l’Etat d’ici mars 2018. Il s’agit des créances dues aux fournisseurs et autres prestataires de services de l’Etat, dont le montant arrêté s’élève à 9 milliards F CFA (13,7 millions d’euros).