Le conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA) d’Emmanuel Macron, mise en place depuis le 28 août 2017, a organisé sa première sortie officielle à Paris, le 11 décembre, pour enchaîner une série de réunions de travail et de rencontres. 

« Le CPA n’est pas un fan club du président de la République, un club d’amis issus de la société civile réunis pour usurper tel ou ou tel titre de gloire, ni un porte-parole du président ou du gouvernement« , tient à préciser Jules-Armand Aniambossou, en compagnie de neuf membres du conseil censé être « les yeux et les oreilles » du président Macron en Afrique.

Le soir même, dans les salons de l’hôtel national des Arts et Métiers, les membres de la CPA ont rencontré 150 têtes de réseaux de la diaspora africaine en France « pour initier le dialogue désiré par le chef de l’Etat français« , précise Jules-Armand Aniambossou.

« Car le CPA, poursuit-il, est une promesse de campagne d’Emmanuel Macron qu’il a concrétisé le 29 août 2017. Il veut structurer des gens neufs avec des idées neuves pour accompagner la relation entre la France et les pays africains. Aujourd’hui, il ne faut se le cacher, cette relation est désenchantée. La France n’est pas attendue partout. Pour la réenchanter, il fait appel à des personnalités de la société civile qui perçoivent les réalités du terrain. Les membres du CPA sont indépendants et peuvent faire des propositions sur tous les sujets. Ils sont là pour éclairer la vision du chef de l’Etat sur les enjeux des relations avec des pays africains, faire des propositions concrètes, les suivre grace à un lien permanent avec les cibles prioritaires: les jeunes, les femmes et les diaspora.« 

Bénévoles, les dix membres du CPA, pour la plupart du monde des affaires (cadre dirigeant, investisseur, chef d’entreprises, etc), ont signé une charte d’éthique et de déontologie. Hébergés par l’Agence française de développement et disposant de locaux à l’Elysée pour organiser des auditions de personnalités, les membres du CPA se réunissent tous les vendredis matins. « Nous n’avons pas vocation à dévenir des ambassadeurs ou des fonctionnaires. C’est pour cela que nous menons des auditions d’acteurs de la société civile pour avoir une meilleure compréhension du terrain et une prise avec le réel« , souligne Jules-Armand Aniambossou.

Le calendrier du CPA pour les prochains mois? Si les derniers mois de l’année 2017 ont permis le rodage et l’ajustement de l’institution, le CPA devrait tourner à plus grand régime en 2018. « Nous allons voir comment nous organiser pour assurer le suivi des annonces réalisées par Emmanuel Macron à Ouagadougou, comme le visa longue durée, le milliard d’euros d’investissement dans les PME et les startups africaines, l’exemplarité des entreprises françaises lors des appels d’offres, etc. Il n’y a pas d’amour, mais des preuves d’amour« , lance plein d’ironie Karim Sy, entrepreneur franco-libano-malien et membre du CPA.

La prochaine montée en pression du CPA devrait se faire dès janvier prochain sur les questions d’éducation. En effet, le président sénégalais Macky Sall et le président français Emmanuel Macron parraineront le partenariat mondial pour l’éducation (GPE) et sa conférence de financement, le 2 février 2018, à Dakar.

 

Les conseillers Afrique du président Macron :

Jules-Armand Aniambossou, 55 ans, coordinateur du CPA. Franco-béninois et proche d’Emmanuel Macron, cet ancien ambassadeur du Bénin en France et en Espagne est diplômé de l’École des mines de Douai (nord de la France) et de l’École normale d’administration (ENA) française. Actuellement, Jules-Armand Aniambossou est general manager and overseas du groupe immobilier français Duval.

Jean-Marc Adjovi-Boco, franco-béninois, ancien footballeur du RC Lens, entrepreneur et créateur d’un centre de formation de jeunes footballeurs.

Diane Binder, 37 ans, directrice adjointe française du département international du groupe Suez. Elle a lancé Action Emploi Réfugiés (AERé), plate-forme mettant en relation des employeurs et des réfugiés à la recherche d’un travail en France.

Elisabeth Gomis, 36 ans, journaliste et réalisatrice française.

Jeremy Hajdenberg, 43 ans, directeur général adjoint français d’Investisseurs et Partenaires.

Yvonne Mburu, 35 ans, chercheuse en médecine et consultante en santé kényane.

Vanessa Moungar, 33 ans, directrice franco-tchadienne du département « Genre, femmes et société civile » à la Banque africaine de développement, après avoir travaillé pour le Forum économique mondial.

Nomaza Nongqunga Coupez, 36 ans, entrepreneuse sud-africaine qui a lancé un site pour promouvoir la culture africaine en France.

Karim Sy, 46 ans, entrepreneur franco-libano-malien.

Sarah Toumi, 30 ans, entrepreneuse franco-tunisienne.