L’ambassadeur turc à Addis-Abeba, Fatih Ulusoy, a levé le voile sur les ambitions diplomatiques de la Turquie sur le continent africain.

« Nous planifions bientôt de mettre en service 5 nouvelles ambassades au Burundi, au Centrafrique, en Guinée équatoriale, au Libéria et en Sierra Leone. Notre objectif est d’arriver à 50 représentations en Afrique », a-t-il ainsi précisé à ses interlocuteurs.

Partenaire stratégique de l’Union africaine depuis 2008, la Turquie, qui compte actuellement 39 ambassades sur le continent, fera donc grimper son compteur de représentations diplomatiques en Afrique à 44 après l’ouverture planifiée de ces cinq nouvelles ambassades. Jusque là, les ambassades au Tchad, en Guinée, en Érythrée et à Djibouti étaient les plus récentes, leur ouverture remonte à 2013.

De leur côté, 27 pays africains ont ouvert une ambassade en Turquie.

Fatih Ulusoy a également rappelé que la politique d’ouverture de son pays vers l’Afrique a débuté en 1998, « nous sommes déterminés à accroitre et développer nos relations politiques, économiques, commerciales et culturelles avec les pays africains », a-t-il martelé. Au cours des vingt dernières années, plus de 10 000 étudiants africains ont étudié en Turquie, profitant, pour certains, d’une bourse. A titre d’exemple, environ 200 jeunes diplomates africains ont assisté à des programmes de formation organisés par l’Académie diplomatique du ministère des Affaires étrangères de la République de Turquie. Tandis qu’au plan économique, le volume d’échanges entre Ankara et ses partenaires africains s’élevait aujourd’hui à 16,7 milliards de dollars.

En deux décennies et relativement discrètement, la Turquie a su s’imposer comme un partenaire de choix de l’Afrique, qui élargit sans cesse sa zone d’influence et s’implique dans de nombreuses structures panafricaines. Depuis 2005, la Turquie détient, par exemple, le statut d’observateur à l’Union africaine et, depuis 2008, Ankara a été acceptée en tant que membre non-régional de la Banque africaine de développement.

Par ailleurs, l’ambassade de Turquie à Addis-Abeba est accréditée depuis 2012 auprès du Forum des partenaires de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), l’ambassade de Turquie à Abuja est accréditée de son côté auprès de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) depuis 2005. En 2010, l’ambassade de Turquie à Dar-es-Salaam a obtenu son accréditation auprès de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), celle basée à Lusaka est accréditée auprès du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) depuis 2012, alors que laAmbassade de Turquie à Libreville est accréditée depuis 2013 auprès de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC).

Ankara prouve une nouvelle fois sa détermination à jouer un rôle de premier plan en Afrque, avec sa décisions d’ouvrir cinq nouvelles ambassades sur le continent.