La Banque mondiale maintient son soutien et ses engagements au Kenya, malgré les tensions et l’instabilité qui agitent le pays. L’annulation du scrutin présidentiel du 8 août 2017 par la Cour suprême, à l’issu duquel le président sortant, Uhuru Kenyatta, avait été proclamé vainqueur avec 54,27% des voix, contre 44,74% son opposant historique Raila Odinga, n’a pas fait reculer l’institution de Bretton Woods.

Le 1er septembre dernier la Cour suprême avait estimé que des « illégalités et irrégularités avaient affecté l’intégrité » du scrutin, principalement dans la transmission des résultats, et elle avait ordonné qu’une nouvelle élection présidentielle ait lieu. Sa date a été fixée au 17 octobre par la Commission électorale (IEBC). Toutefois, les juges suprêmes ont encore jusqu’au 22 septembre pour détailler et expliquer leur décision. L’incertitude règne donc dans le pays. De plus, si la nouvelle date de scrutin a été approuvée par Uhuru Kenyatta, l’opposition menace de boycotter l’élection du 17 octobre.

Dans ce contexte politique troublé, conjugué à la sécheresse qui a réduit la production agricole, qui représente 30 % du PIB, ainsi qu’à une contraction du crédit bancaire de 4%, la perspective de croissance du Kenya a légèrement été revue à la baisse par le gouvernement, passant de 5,9% à 5,5% en 2017. Du fait du ralentissement économiques, les recettes fiscales et douanières accusent une baisse significative. Par souci d’économies, le gouvernement a annoncé des mesures d’austérité. Des dépenses jugées non essentielles ont été annulées, des investissements publics gelés et le train de vie de l’Etat réduit. Les missions des fonctionnaires, dans le pays comme à l’étranger, ont ainsi été encadrées plus rigoureusement.

Malgré cette confusion, l’Association internationale de développement (IDA), la branche du groupe de la Banque mondiale dédiée aux pays en développement, vient d’approuver un programme de prêt évalué à 150 millions de dollars au profit du gouvernement kényan.

D’une maturité de 30 ans avec une période de grâce de 5 ans, il doit permettre au gouvernement kényan d’améliorer le fonctionnement administratif et opérationnel de plusieurs ministères et institutions publiques du pays. Selon le communiqué de l’institution de Bretton Woods, « le programme vise à renforcer la gouvernance pour accroître la qualité des services et des investissements publics à travers un système de finances publiques qui favorise la transparence, la responsabilité, l’équité, la discipline budgétaire et l’efficacité dans la gestion des ressources publiques. »

Aucun détail de procédures concrètes qui devront améliorer la qualité des services publics kenyans n’a encore été avancée. Reste aussi à savoir quel gouvernement mettra en place ces mesures. Celui d’Uhuru Kenyatta ou de Raila Odinga ? Réponse le 17 octobre ? Rien n’est moins sûr.