Les pays participant au mini-sommet Europe-Afrique, organisé le lundi 29 août à Paris, sur la question des flux migratoires ont adopté une nouvelle feuille de route visant à renforcer le soutien aux pays de transit en Afrique et à muscler la lutte contre les trafics de migrants.

Autour de la table d’Emmanuel Macron, les présidents du Niger et du Tchad, Mahamadou Issoufou et Idriss Deby, le Premier ministre libyen Fayez Seraj, la chancelière allemande Angela Merkel, les chefs de gouvernements italien et espagnol Paolo Gentiloni et Mariano Rajoy et la responsable de la diplomatie européenne Frederica Mogherini.

« Nous devons agir tous ensemble, les pays d’origine en passant par les pays de transit en premier chef la Libye, pour mener un action efficace, c’est un défi aussi bien pour l’Union africaine que pour l’Union européenne », a déclaré le chef de l’Etat français lors d’une conférence de presse conjointe à l’issue de la réunion.

« Nous allons avec nos partenaires européens renforcer la coopération avec les pays d’origine et de transit pour démanteler ces réseaux de trafiquants illégaux », via « l’identification des coupables, un vrai travail sécuritaire et judiciaire et une aide au retour dans les pays d’origine ».

Au-delà du renforcement du soutien au Niger et au Tchad, les pays participants approfondiront leur action commune en vue d’une stabilisation politique en Libye où la situation sécuritaire toujours chaotique complique toute coopération sur la question migratoire.

Paris, Berlin, Madrid et Rome se sont notamment engagés à « améliorer la coopération économique avec les communautés locales se trouvant sur les routes migratoires en Libye, afin de créer des sources de revenu alternatives, d’accroître leur résilience et de les rendre indépendantes de la traite des êtres humains. »

En écho à une proposition d’Emmanuel Macron datant de juillet et qui évoquait des « hot spots », les quatre capitales européennes ont également convenues de mener « des missions de protection » au Niger et au Tchad, « en étroite concertation et en accord avec leurs gouvernements » en vue de la réinstallation de réfugiés.

L’identification des candidats éligibles à l’asile se fera « sur des listes fermées » du Haut commissariat aux réfugiés et concernera « des migrants d’ores et déjà identifiés par le HCR et résidant dans ces pays de passage », a précisé le chef de l’Etat français.

La question du contrôle des flux migratoires est devenue un véritable serpent de mer. Depuis des années, les pays européens africains – d’origine et de transit – se retrouvent sans trouver de solutions concrètes. Mais sur le terrain, la situation reste préoccupante et le bilan s’alourdit. Près de 120 000 migrants et réfugiés ont atteint les rives européennes depuis le début de l’année, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), et plus de 2 400 sont morts en tentant la traversée de la Méditerranée.

« Le problème fondamental restera toujours le développement », a insisté le président tchadien Idriss Deby. « Il ne faut pas faire que de la répression », a renchéri de son côté le président nigérien Mahamadou Issoufou.

L’Union européenne et ses Etats membres investissent 20 milliards d’euros par an en Afrique, a rappelé de son côté Frederica Mogherini. « Nous n’avons pas besoin d’inventer un plan Marshall, nous avons un plan déjà en place ».

Une nouvelle réunion, a annoncé Mariano Rajoy, se tiendra « dans les prochains mois » en Espagne en présence de l’Union africaine avant le sommet UE-Afrique prévu de longue date fin novembre à Abidjan, qui doit permettre de faire un point d’étape sur le précédent sommet, fin 2015, consacré à la crise migratoire.