Le chef de l’Etat camerounais Paul Biya a décidé de prendre des mesures coups de poing pour endiguer le gaspillage des ressources financières de l’Etat. Dans une récente circulaire du chef de l’Etat dévoilant les orientations sur l’élaboration de la loi des Finances 2018, le gouvernent devra impérativement aménager le prochain projet de loi de Finances de manière à rationaliser davantage les dépenses dans la fonction publique.

Le président recommande, par exemple, la définition de quotas de consommation des appels téléphoniques dans l’administration, selon les responsabilités et la hiérarchie. Le président camerounais s’attaque ainsi à une ligne de dépenses quasi incontrôlées et qui sapent les finances de l’Etat.

La dérive des gaspillages en matière de téléphonie dans l’administration publique est alarmante. En septembre 2016, Cameroon Telecommunications (Camtel), la société camerounaise des télécommunications, avait lancé un processus de recouvrement de factures impayées. Il s’est révélé que l’ensemble de l’administration publique et les entreprises étatiques devaient à l’opérateur des arriérés de consommation téléphoniques évalués à 65 milliards de francs CFA. Cette somme représente 65% de la masse salariale mensuelle des agents de l’Etat !

Cameroon Radio Television (CRTV), organisme public de radio et télédiffusion, la Société de presse et d’édition du Cameroun (SOPECAM), et Camair Co., la compagnie aérienne nationale, présentent les impayés les plus élevés auprès de Camtel.

Plus généralement, le président et le gouvernement veulent traquer les dépenses inutiles au sein de l’administration camerounaise et rationaliser le train de vie de l’Etat. En janvier dernier, le ministre des Finances, Alamine Ousmane Mey, a précisé que cela passe « notamment par la réduction significative du train de vie de l’Etat et la rationalisation des dépenses de transfert » et « le respect scrupuleux des quotas d’engagement trimestriel, le plafonnent des virements de crédits et la rationalisation des dépenses de consommation courante » pour tous les services d’Etat.